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Daleko

Éboueuse syndiquée
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Derniers déchets posté(e)s par Daleko

  1. Il y a 9 heures, TénèbresFruitées a dit :

    C'est faux, totalement faux! Je vois bien que tu ne sais absolument pas de quoi tu parles.

    Si, sinon t'aurais pas pu t'en sortir.

    Va dire aux saoudiennes qu'elles ont besoin de faire un travail sur elles-mêmes pour être libres, ça va bien les faire marrer.

    La nécessité d'introspection montre pas que le féminisme contemporain t'as aidé, juste que t'es un être humain et pas un arbre fruitier.

  2. il y a 38 minutes, Cheval a dit :

    C'est parce qu'il faut rêver plus. L'émancipation n'est pas vraiment une évolution, c'est un retard qu'on rattrape. Même chose avec le racisme ou toutes les grievances. Lorsque les individus qui ont été laissé pour compte rejoignent le groupe, ils doivent laisser tomber les anciennes dispositions de réclamation de réparation pour participer au projet humain.
    Les femmes ne seront pas toujours victime et les noirs discriminés. Ce n'est pas une fin, l'équité, c'est une base pour produire une séquence de changement bcp plus substantielle. 

    À mon avis le transhumanisme est la région de projection dans lequel une partie du féminisme est redirigé par nature. Trop lâche pour retrouver les articles.

    Je suis d'accord avec tout ce que tu dis. Je fais partie de ces gens très favorables au développement technologique et qui pensent que le transhumanisme finira par régler beaucoup de problèmes. Malheureusement, je suis aussi d'accord avec Dasri en ce sens qu'à l'heure actuelle, c'est justement du rêve. On est limité par notre condition humaine et nos actions ont des conséquences. C'est pour ça que je trouve le féminisme actuel souvent dangereux et que ça ne m'amuse pas beaucoup. Quand on force mon mari à embaucher une candidate alors que le candidat était meilleur, je suis dégoûtée dans ma fierté de femme qui n'a pas envie d'être systémiquement considérée comme quelqu'un qui a besoin d'un coup de pouce. Je peux pas me dire que c'est temporaire et que dans x générations ça n'arrivera plus, parce que je vis maintenant. Quand je vois que mon pays envisage très sérieusement d'autoriser l'avortement jusqu'à neuf mois pour cause de « détresse psychologique », je peux pas juste me dire que la science va nous sauver et que tout va aller bien. Je me dis qu'il faut stopper ça, quitte à enrayer temporairement le développement. La réalité l'emporte sur le rêve.

  3. Il y a 4 heures, TénèbresFruitées a dit :

    Hier soir, suite aux propos d'un animateur d'une station de radio bien connue pour ses dérapes, j'ai pris la liberté de discréditer son argument pro-déconfinement comme quoi ouvrir les bars ferait en sorte que la violence congugale et les féminicides diminuraient si les hommes agressifs pouvaient rejoindre leurs chums pour décompresser autour d'une bière. Il s'est rétracté rapidement lorsque je lui ai mentionné que souvent les sévices sont plus attroces dû à l'alcool. (Je n'irai pas dans les détails, vous avez suffisamment d'imagination pour avoir une idée...)

    Je ne suis pas une grande féministe, en fait j'ai vécu dans une famille misogyne, alors c'était très mal vu pour une femme d'apprécier les activités masculines. Donc, puisque je suis soumise et douce, j'ai décidé d'écouter mon papa qui me conseillait sur comment être femme, et j'ai fait des métiers et des études dans des domaines typiquement féminins. Soit l'agriculture, la construction et la programmation informatique. On me comparait parfois à Claudia Schiffer, clairement que mon look négligé de métaleuse extrème confirmait ma consécration de mannequin international. 

      Révéler le texte masqué

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    Mais comme je suis en constante contradiction, je suis réellement douce et soumise, parce que derrière ma rébellion se cache ma vulnérabilité de sauveuse. À bien y penser, c'est plutôt à ma propre personne que j'aurais dû lancer la bouée...

    Que mon père me rejette, que les hommes de ma vie m'aient abusés, que je n'ai jamais été en mesure de vivre une relation saine: je n'ai en aucun temps souhaité de mal aux hommes. Autant mes maladroites tentatives d'affirmation me nuisent lorsque mes neurones s'échauffent, autant je convains d'être forte, agile et brillante lorsque j'ai l'Esprit refroidi. Et ma frustration fluctue suffisamment vers la neutralité pour être fonctionnelle malgré mon instabilité émotionnelle. Mes véritables lacunes sont que je veuille prouver aux autres ma valeur, alors que je n'ai que très peu confiance moi-même en mes capacités, et que je suis trop attentives aux besoins des hommes.

    Ce n'est pas pour rien que je souhaite rester seule, je sais que je dois travailler sur ma personne. Une introspection qui bénéficierait également à ces hommes...

    Je ne suis pas une grande féministe: quelle aberration! À quelque part, tu as raison @Daleko la libération des femmes est effectivement un facteur non négligeable des mouvements masculiniste et incel: conserver les vulves-servantes à leur simple utilité de femme objet. Sauf qu'elle ne le justifie en rien! S'ils n'avaient pas été des stéréotypes, j'aurais pu m'affranchir sainement. S'ils n'avaient pas été des stéréotypes, n'y aurait-il plus aucun incel?

    Tout ce que tu racontes est possible depuis belles lurettes et ne nécessite pas le féminisme actuel. Ce qui était utile un temps ne l'est plus actuellement. D'ailleurs tu avais tous les outils et les droits pour te sortir de ta situation. Le féminisme 2021, c'est se battre pour avoir des tampons gratos et des quotas discutables. On n'en est plus à batailler pour pouvoir faire des études de médecine ou ouvrir un compte en banque seule.

    Le fait qu'à chaque fois qu'on s'oppose au féminisme contemporain, ses défenseurs doivent insinuer que ses opposants cherchent un retour au XIXème siècle illustre bien à quel point c'est devenu vain.

     

  4. Il y a 1 heure, TénèbresFruitées a dit :

    Allez @Daleko, dis-moi comment devenir une vraie femme selon tes standards.

    (Pour le reste, je repondrai plus tard, lorsque j'aurai quelques minutes devant moi.)

    La nature se fiche des préférences. Quand on naît avec un vagin, certaines caractéristiques viennent avec notre développement naturel. Je défends une image culturelle de la femme, mais ça n'a rien à voir avec ce sujet.

  5. C'est là qu'il est le plus élevé au monde. C'est un très gros problème, mais de ce que j'en comprends, quand ce genre de mesure est prise, il ne s'agit pas de punir celui qui va mal mais de protéger les autres. Il y a aussi un contexte culturel qui est très différent du nôtre.

    J'ai donné cet exemple parce que quand on va au travail, on ne passe pas son temps à explorer ses sentiments et à raconter sa vie privée aux collègues et clients. L'école, c'est le travail des enfants, je ne vois pas tout ce que ce sentimentalisme a à faire là. Ce qui m'apparaît violent, c'est de ne pas prendre en charge ceux qui vont mal, pas le fait que l'école estime que ce n'est pas sa place.

  6. Il y a 8 heures, TénèbresFruitées a dit :

    Tu n'es pas en train de légitimiser le mouvement incel?!

    Ça me rend véritablement mal à l'aise.

    J'aimerais connaître ton raisonnement.

    Je n'ai fait que réagir, vite fait en passant, à la réaction de @ShameOnYou qui réagissait à la réaction d'un crétin qui réagissait à des actes. J'ai réagi parce que moi, ça me met mal à l'aise quand je lis/vois/entends des femmes s'insurger dès qu'on associe des femmes à la féminité.

    Pour ce qui est des incels, je les considère comme les cousins attardés du masculinisme. Je pense que le masculinisme est devenu légitime à partir du moment où on a trouvé tout à fait normal de dire dans l'espace public des horreurs comme « masculinité toxique » ou qu'il fallait « déviriliser » les hommes. Reste que je pense des incels la même chose que de tous les misérabilistes,  c'est-à-dire que quand t'arrives à l'âge adulte et que tu crois encore que ce sont les autres qui t'empêchent d'avancer dans la vie, c'est que c'est toi le problème. Même dans un monde sans féministes, rempli de femmes féminines et équilibrées, les incels choperaient pas, parce que personne n'est attiré par le pleurnichage, la faiblesse et la violence.

    @DASRI, arrête ton char deux minutes. C'est un long sujet auquel j'ai participé avant. Je pense pas que quand l'extrait facebook a été posté par Carlos, c'était pour avoir un long débat sur son contenu, mais bien pour obtenir des réactions.

     

  7. Oui, on n'a pas le droit de te dire comment te comporter. On n'en a probablement pas besoin non plus puisque la douceur est dans ta nature.

    L'une des clés du bonheur est de s'accepter. Celles qui luttent finissent mal (cheveux bleus, dépression, etc.)

  8. Effectivement, il faudrait t'éduquer. Le féminisme est une doctrine. Critiquer une doctrine, à laquelle ne s'identifient pas toutes les femmes, ne revient pas à critiquer l'ensemble des gens que cette doctrine croit représenter, ni à justifier des agressions.

    T'as beaucoup de mal avec des concepts très simples quand même.

  9. Wow victimisation 101

    Pourquoi ce serait malaisant ? Les incels sont considérés par certains comme une réponse au féminisme. C'est pas comme si le parallèle n'était pas apparu sur les pages précédentes.

    Et la seule à avoir attaqué quelqu'un en particulier, c'est toi. <3

  10. Le 2021-03-24 à 17:08, Goéland a dit :

    c'est une drôle d'application qui pénalise l'acrasie en retirant de l'argent, ce qui fait en sorte que lorsque je suis dans le jaune, je fais mes heures d'études en pleurant au lieu de laisser couler le navire. C'est peut-être juste 5$ pour la première faute, mais le montant retiré se multiplie à chaque fois et j'ai mis une limite assez haute. :malaise:

    C'est.. une façon comme une autre de se motiver.

    Excellente idée d'entreprise. Je suis jalouse des créateurs.

  11. Je pense que c'est plus profond que ça. Le déni de la douceur de la plupart des femmes est un combat contre la nature qui crée beaucoup de frustrations.

  12. Le type peut avoir tort de croire que ça justifie des homicides et vous pouvez surréagir dès qu'on dit que la femme est douce.

    Puis j'ai passé l'âge d'avoir des « ennemis »,  j'essaie juste de vous aider, pauvres brebis égarées.

  13. J'adore les féministes qui ragent quand on leur dit que les femmes sont supposées (essayer d') être belles et douces. Elles réagissent comme si on leur demandait de tuer des chatons.

    Belle et douce, ça c'est de l'insulte. 

    (le mec est con, c'est pas le sujet)

  14. Le 2021-03-22 à 17:08, Retromantique a dit :

    @Daleko

    Ta première interprétation renvoie au socioconstructivisme. Bien que c'est une approche de plus en plus favorisée (toute connaissance s'inscrirait dans un contexte social), c'est certain que pour des apprentissages techniques et individuels comme le piano, ça n'a pas vraiment rapport. Certains apprentissages s'y prêtent plus que d'autres, par exemple la réflexion éthique et, évidemment, la pratique du dialogue. Bien que la Finlande, championne en matière d'éducation, la mette de l'avant dans son système éducatif, ce n'est pas (encore) le cas du Québec. 

    Ta deuxième interprétation est plus difficile à cerner.
    Parle-tu de l'éducation civique dans le sens d'éducation citoyenne? Dans ce cas, nombre d'études contredisent l'idée que cette dernière peut être laissée à "l'école de la vie". En effet, les sociétés démocratiques sont les plus stables et ont le moins d'inégalités socioéconomiques là où la compétence civique de ses membres sont les plus élevées. On remarque que là où les institutions, comme l'école, confèrent cette éducation à la population, la compétence civique est plus élevée (ex. Suède, Finlande, Nouvelle-Zélande). Alors que les gouvernements qui n'assurent pas l'acquisition de cette compétence observent un civisme pauvre et leur système démocratique est plus instable, à l'image de leur société (lire le politologue Henry Milner pour approfondir le sujet). Le Canada fait figure exceptionnelle, car notre "civic literacy" est basse par rapport à la stabilité de nos institutions démocratiques, mais on observe que les choses ne vont pas en s'améliorant ici, au contraire. 
    Si tu parlais d'éducation civique comme de savoir-vivre, c'est vrai que l'école ne devrait pas avoir à l'enseigner. Cependant, les gens qui ne sont pas nés dans des familles disposées à leur offrir cet apprentissage sont loin d'avoir de garantie de l'apprendre dans l'école de la vie. Je suis certaine que tu peux facilement penser à des individus que tu as croisés dans ta vie pour le voir. J'ai une bonne amie qui a été complètement délaissée par ses parents quand elle a grandit et c'est l'école qui a fait son éducation. Une chance qu'elle était de nature réceptive. Mon amie d'enfance, elle, ne l'a jamais appris. 
    Est-ce que ta deuxième interprétation renvoyait à quelque chose d'autre?

    Quant à ta troisième interprétation, je crois que tu sous-estimes l'importance de savoir socialiser pour les êtres humains. L'humain est avant tout un animal social et l'aspect socioaffectif est très important pour son épanouissement. Certes, certains types de personnes sont par nature très introverties, mais les compétences sociales sont de plus en plus demandées dans les professions. Sans parler des relations personnelles. Les parents sont par défaut imparfaits, il est donc bien que les enfants puissent puiser ailleurs pour combler les lacunes de leur éducation. C'est pourquoi certains pays écoles offrent des cours d'intelligence émotionnelle, c'est le cas du Danemark et il me semble que l'Allemagne a aussi un programme qui s'y apparente, mais je ne retrouve pas la source donc c'est à prendre avec un grain de sel.

    La mission socialiser de l'école québécoise

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    Donc, tu peux voir que ta deuxième et ta troisième interprétation s'y rapproche le plus. Certes, on provient de milieux différents et on y est confortable, j'apprécie que tu exprimes cette conscience sociologique, sauf que la France est aussi une société pluraliste. Je crois que de former de futurs citoyens qui savent contribuer à et préserver la stabilité de ce type de société n'est pas mutuellement exclusif à l'autorité parentale.
    Le laxisme dont tu parles, je suis d'accord avec toi, c'est problématique. On dirait que les générations précédentes ont tellement été traumatisées de l'autoritarisme excessif de leur enfance qu'ils sont allés à l'autre extrême. Il faudrait atteindre un bon équilibre entre l'encadrement vital que les enfants ont de besoin et une éducation qui respecte leurs besoins psychiques et émotionnels. Je pense que la difficulté réside en ce que c'est nouveau, et n'a pas appris comment ce faire par la tradition comme les anciennes méthodes passaient d'une génération à l'autre. De plus, il existe de graves lacunes en matière de connaissances du développement cognitif de l'enfant et peu de parents réalisent les torts psychologiques qu'ils sont susceptibles d'infliger à leur progéniture, il y a des chaînes qui si elles ne sont pas brisées au niveau du parent, se perpétueront avec l'enfant (ma mère a choisi de briser une des siennes, celle de l'abus physique). Mais bon, ça ça va au-delà de ce que la simple école peut régler. De favoriser les compétences interpersonnelles et intrapersonnelles c'est déjà un bon début.

    Pour la Finlande, ce n'est pas un modèle qui m'attire. Là encore, c'est une vision qui dépend d'un projet de société. Qu'est-ce que la Finlande a apporté au monde ? La vie y est peut-être agréable, mais ce n'est pas un grand pays. Beaucoup de gens seront en désaccord avec moi mais pour moi, les modèles éducatifs à suivre se trouvent actuellement en Asie (d'ailleurs notre fille va suivre un programme scolaire asiatique, en plus du français, et elle aura quelques années d'avance). Shanghai est première au classement Pisa dans pas mal toutes les matières. Là bas, on est cinquante par classe et il n'y a pas d'indiscipline. Quand un élève commence à parler de sa dépression et à déteindre sur les autres, on le vire, parce que l'école, c'est fait pour apprendre des choses qu'on n'apprendra pas ailleurs, pas pour approfondir ses états d'âme. Pour ça, il y a (ou devrait y avoir) des psys, des assistantes sociales, des éducateurs spécialisés, etc.

    Évidemment, tout ça est, je le répète, politique. C'est d'ailleurs bien écrit dans la définition que tu as jointe. « Socialiser pour apprendre à mieux vivre ensemble ». On dirait un slogan de campagne. Tu parles énormément de démocratie (tu auras deviné que je ne suis pas particulièrement favorable à ce régime - je n'y suis pas particulièrement défavorable non plus, mais on enseigne aussi le civisme dans les régimes autoritaires, ce n'est pas une spécificité des démocraties ) et de limiter les inégalités. En quoi les inégalités sont-elles le problème d'un parent qui confie son enfant à l'école ? Est-ce que ça lui importe si les voisins font n'importe quoi avec leur propre gamin ? Pourquoi son enfant à lui devrait être retardé pour permettre d'avoir moins d'inégalités ? Pourquoi devrait-on centrer un programme scolaire sur les défaillances de certains parents ?

    Tout ça est trop emprunt d'idéologie à mon goût. Tu parles de préserver un type de société et dans une certaine mesure d'enlever un peu d'autorité aux parents. Non seulement, je refuse qu'on m'enlève mon autorité, mais moi ce qui m'intéresse dans un apprentissage, c'est son efficacité, si la méthode choisie va permettre de bien inscrire des connaissances ou des raisonnements dans le cerveau, si ce qu'on apprend est utile (quel que soit le sens qu'on donne à ce terme) et si le temps qui y est consacré ne pourrait pas être plus condensé. Que je sois pour ou contre l'idéologie enseignée importe peu, le fait est que si j'envoie mes enfants à l'école, ce n'est pas pour leur faire inconsciemment ingérer un programme politique. La science, la beauté, les arts, ce sont des choses qui existaient il y a plusieurs millénaires, et qui existeront encore dans plusieurs. Des choses auxquelles les hommes ont toujours participé en s'appuyant sur ce qui a existé avant. C'est ça que je veux que mes gamins apprennent, pas à considérer qu'ils ont (quelle hasard !) trop de chance d'être nés dans le meilleur des régimes.

    Cela-dit, je peux admettre ton interprétation (à peu près exacte) de mes deux premières visions de la socialisation parce qu'elles sont liées à des visions du monde que je ne partage pas mais que je peux comprendre, par contre la dernière me donne vraiment des sueurs froides. « Les compétences sociales sont de plus en plus demandées ». C'est tellement la base de la vie que je trouve ça terrifiant de classer ça comme une compétence qui peut être « demandée ». C'est directement sorti du libéralisme économique et de toutes les multinationales qu'il faudrait brûler (avec leurs happiness managers dedans, svp). Comme si ce n'était pas aux grandes structures de s'adapter aux hommes dans leur fonctionnement, mais aux hommes d'adapter leur façon de socialiser aux grandes structures. C'est affreux.

    Sinon, je suis tout à fait d'accord avec la fin de ton message.

  15. Le 2021-03-18 à 23:21, Retromantique a dit :

    Ici, la socialisation est l'un des trois grands axes de la mission de l'école québécoise. On ne devrait pas avoir à choisir, ce sont deux composantes d'une vie épanouie. Dans une société démocratique, ça revêt même une importance existentielle. 

    J'aimerais savoir ce que tu entends par "socialisation". J'ai un peu de mal à comprendre cette idée. Je peux l'interpréter de trois façons.

    Selon la première, on apprendrait mieux en groupe. Mais techniquement, le temps est limité, on peut le consacrer soit à apprendre individuellement soit à une vie de groupe, on ne peut pas faire les deux. Si on veut être bon au violon, on passe des centaines d'heures à travailler sa technique. On va faire des choses très intéressantes en classe d'orchestre, qui vont beaucoup nous apporter, mais c'est la couche en plus. Pareil, en maths, avant d'intégrer une équipe de recherche, il faut avoir appris à maîtriser des choses, seul. Je comprends pas à quoi ça sert d'être dans un groupe si on n'a rien à lui apporter.

    Selon la deuxième, apprendre à se comporter en société. Ça peut être lié à l'éducation civique, mais ce n'est plus à la mode, mais c'est aussi quelque chose qu'on apprend dans la grande école de la vie. N'importe où, n'importe quand. Je comprends pas l'intérêt d'intégrer ça spécifiquement à l'école.

    De la troisième façon, j'interprète ça comme le fait d'apprendre à supporter les autres, à comprendre les dynamiques de groupe, etc. Ça va être utile aux gens qui veulent finir à des postes politiques et administratifs dans des entreprises. Mais personnellement, c'est à peu près tout ce que je souhaite pas à mes enfants. Il y a ces gens-là et il y a les experts, ceux qui ont un savoir que les autres n'ont pas et qui sont moins dispensables que les premiers.

    D'une manière générale, je sens un fossé culturel entre nous (sur ce sujet-là ou celui sur le "privilège blanc" par ex.), il apparaît aussi quand tu parles de ton copain. On n'a pas le même rapport à la hiérarchie, à l'ordre,, à la verticalité. Tu te sens bien où tu es, c'est tant mieux. Moi je suis sans aucune doute trop influencée par mes origines et celles de mon mari (deux régions favorables à l'autorité) pour me sentir à l'aise avec la façon dont les choses évoluent en France (de plus en plus de laxisme envers les enfants). Les programmes et méthodes scolaires sont nécessairement politiques, ils sont fabriqués par des équipes qui ont le pouvoir (même si leur seul pouvoir est de travailler sur ces programmes). Même si c'est involontaire et que je suis loin d'y voir de la manipulation, il y a forcément une vision de la société qui transparaît derrière.

  16. Le 2021-03-16 à 03:08, Retromantique a dit :

    le seul avantage étant les nombreux congés.

    et la sécurité de l'emploi à vie (hors contractuels, mais faut être fou pour vouloir rester contractuel).

    Le 2021-03-16 à 03:08, Retromantique a dit :

    La question de la socialisation reste cependant, parce que dans les groupes sélect où l'enfant serait amenée à socialiser, elle ne trouverait pas nécessairement un échantillon représentatif de sa collectivité. Ne vaudrait-il pas mieux pour elle d'apprendre à composer avec une variété d'individus que de risquer de "l'encaser" dans une bulle, avec les implications pour l'amplitude de sa capacité d'adaptation à la multiplicité de scénarios sociaux qu'elle serait susceptible de rencontrer au cours de sa vie?

    J'ai l'impression que ça fait longtemps que les écoles ne sont plus représentatives de la collectivité. D'une manière générale, de ce que je constate (en faisant figure d'exception), c'est qu'on fait pas face à tant de scénarios que ça dans nos vies, à quelques échelons près. Il y a trop de ségrégation géographique et sociale. Je fais le lien entre un milieu de classe moyenne plutôt basse (mes origines) et un milieu huppé (mon mari) et c'est deux mondes qui font tout pour ne pas se croiser, qui se méprisent mutuellement et qui ont été formatés dans des moules bien distinct. Y'avait pas de Jean-Eudes de Monbôchateau dans mon privé de campagne, y'avait pas de Cindy / Kevin dans son public parisien.

    Ensuite, on va surtout à l'école pour apprendre, pas pour sociabiliser. Les deux sont importants mais s'il faut choisir entre bien apprendre et bien socialiser, tout le monde fera pas le même choix mais le mien est très net.

  17. « Je suis trop occupée pour travailler sur ton document cette semaine. »

    C'est compliqué à comprendre ? Alors pourquoi je me retrouve avec trois contrats à finir avant ce week-end alors que j'ai prévenu cent fois que j'étais pas dispo ?

    Je me rends compte que j'ai pas pris de vacances depuis septembre. Je fais plein de conneries récemment et tout le monde me réclame quand même encore et encore. Je préviens que je suis pas là tel et tel jour et on me bombarde de mails pour que je fasse une « exception », on laisse cinq messages en une matinée sur mon tel. Je me sens tellement pas respectée.

    Je vous jure que c'est la dernière fois que ça m'arrive. J'en ai ras-le-bol des semaines de cinquante heures. Je finis leurs merdes, je me colle deux semaines de vacances et à la reprise je me laisse plus faire.

  18. Le 2021-03-12 à 09:23, ShameOnYou a dit :

    Alors croisez les doigts que notre cher président n'interdise pas l'IEF...

    Même si rien n'a encore été détaillé, on devrait pouvoir remplir des critères de dérogation (il y aurait 4 motifs : problèmes de santé, pratique d'une activité sportive ou artistique intense, éloignement géographique ou situation particulière de l'enfant - on viserait le motif artistique mais le dernier semble aussi assez fourre-tout et pratique).

    Le 2021-03-12 à 09:23, ShameOnYou a dit :

    le rôle de sociabilisation de l'école n'est pas à prendre à la légère, surtout dans le cas d'enfants qui ont déjà des difficultés à aller vers les autres

    Je suis mitigée sur ce point. A priori j'aurais tendance à être d'accord, d'autant plus que plusieurs enfants scolarisés en famille dans mon entourage ont vraiment l'air de caricatures asociales, mais en même temps, quel type de sociabilité l'école apporte-t-elle ?

    Je regarde mon propre parcours et je vois tout ce que l'effet de groupe, la pression de ressembler aux autres, etc. m'a « apporté ». En fait, la plupart de mes premières mauvaises fréquentations ont été rencontrées à l'école et d'ailleurs, tous mes amis de l'école, du collège, du lycée ont de très à assez mal tourné (et pourtant, j'étais dans un privé de coin paumé). Je pense qu'on peut mieux apprendre le respect de l'autre, l'esprit de groupe et la discipline dans un club de judo, dans une classe d'orchestre ou en faisant du bénévolat. Le genre d'endroits où il y a quand même une certaine mixité entre les générations, ça m'apparaît plus naturel.

    Ce qui me dérange sur cet aspect, c'est pas tant la difficulté de sociabilisation (même si ça me fait un peu peur quand même), c'est que j'ai pas envie qu'on considère mes enfants comme des freaks. Déjà là, certaines personnes surréagissent parce que je ne veux pas mettre ma fille à la crèche et qu'elle est avec moi 24/7 (covid oblige, toutes les activités de sociabilisation que j'avais prévues pour elle tombent à l'eau l'une après l'autre), il paraît que je détruis sa vie parce que des inconnues la laissent pas une demi-heure dans sa couche sale. Je te laisse imaginer les réactions hystériques quand je sous-entends qu'elle pourrait ne pas aller à la maternelle non plus...

    Le 2021-03-12 à 09:23, ShameOnYou a dit :

    il me semble important de défendre l'école publique et l'enseignement gratuit et de qualité pour tous

    Mais est-ce qu'il existe encore ? Quand on voit notre classement PISA, l'inégalité des chances entre quelqu'un qui va dans le public à Henri IV et quelqu'un qui va dans le public dans le 93 ou dans la Creuse, le fossé entre la fac et les classes prépa, etc. On peut applaudir le principe mais dans les faits, ça a bien pris la flotte.

  19. Il y a 4 heures, ShameOnYou a dit :

    En France, (prendre en compte que je ne suis pas une spécialiste ! ^^) si un élève présente des difficultés particulières, l'enseignant qui le remarque en parle aux parents et leur conseille généralement de faire poser un diagnostic chez un professionnel (orthophoniste par exemple si suspicion de dys- de tout genre...) et de là, l'enseignant peut faire une demande d'aide (AESH) pour accompagner l'élève en difficulté au sein de la classe, en partenariat avec l'enseignant

    Et ces évaluations sont parfois payantes (et chères). 

    Le sujet de l'apprentissage et du développement me passionne depuis que j'ai décidé d'avoir des enfants. J'estime que mon rôle de mère est tout d'abord d'apporter tout ce qu'il faut pour construire un adulte équilibré et, ensuite, de faire en sorte de ne jamais lui fermer de portes tant qu'on n'est pas sûrs qu'il n'y a pas d'avenir pour lui derrière. C'est ce dernier point qui m'obsède.

    @Retromantique, je ne vais pas te rassurer sur ton futur travail, il me semble impossible à faire. On se dirige de plus en plus vers une façon d'enseigner qui se voudrait à la carte, et qui pourrait être intéressante, mais qui m'apparaît impossible à tenir sans niveler vers le bas car il n'y a pas assez de moyens et d'encadrants.

    J'ai perdu toute ma foi en l'école quand j'ai été déscolarisée au lycée. J'ai préparé mon diplôme de fin d'études toute seule, en lisant le programme de chaque matière sur le site de l'éducation nationale et en me procurant des ressources en fonction. Jusque-là j'étais bonne élève, mais ça se passait mal pour des raisons comportementales. Seule, j'ai fini le programme de l'année en février et j'ai eu mon bac (de France) avec les félicitations du jury. J'aurais jamais eu de tels résultats si j'étais restée à l'école, entourée de gens qui ne me comprenaient pas, à perdre du temps sur des choses stupides (la vie de la classe, les récréations, les temps consacrés à la discipline, à changer de salles, etc.). Je pense que mes problèmes ne venaient pas de mes capacités, mais tout simplement d'une crise d'adolescence à laquelle personne ne s'intéressait.

    On n'est pas sûrs de vouloir scolariser notre fille (et les suivants). Je pense qu'on va quand même l'inscrire à l'école pour ne pas la priver de cette expérience, mais que si elle nous fait savoir qu'elle ne s'y plaît pas, ou que ça devient incompatible avec d'autres apprentissages qu'on estime plus importants, on l'en sortira.

    Au-delà des élèves qui ont des besoins particuliers, on n'apprend pas tous de la même façon. Par exemple, la fin du par coeur, des devoirs, des cours magistraux et la hausse des collaborations, ça m'aurait fait péter un plomb. J'aurais encore plus détesté l'école en 2021.

    Je pense (et ça m'attriste) que l'école telle qu'on la connaît est foutue. Elle n'a pas suffisamment suivi les évolutions sociétales et technologiques, et elle s'avère en décalage avec ce qu'on découvre sur le développement. Par ex., les horaires de maternelle sont totalement incohérents avec les moments où l'attention des enfants est à son pic, c'est juste des horaires pratiques pour permettre à l'école d'aussi servir de garderie.

    Dans un monde idéal, on arriverait (avant de suivre différentes voies) à tous garder un socle de connaissances communes qui créent un sentiment de fraternité et les bases culturelles d'une société, mais on suivrait les modes d'apprentissages qui nous conviennent pour y parvenir. On n'est pas tous d'accord (et on ne devrait pas l'avoir à l'être) sur l'objectif d'un apprentissage, la meilleure façon de réussir, ce que signifie réussir, ce que signifie apprendre, les responsabilités de chacun là-dedans, etc., ça semble évident qu'on va pas tous réussir en suivant le même chemin. Mais c'est impossible de proposer des choses avec des bouts de ficelle.

    On vit vraiment une période super excitante par contre, où tous les savoirs sont facilement accessibles sous différentes formes. Ça me semble totalement dingue d'aller imposer à tous 30 heures d'enfermement hebdomadaire dans une école. Je comprends que c'est un pilier sociétal, etc. mais je pense que ça n'a pas d'avenir à long terme.

  20. Je suis déprimée. Je bosse sur un projet qui se passe très mal. On me rend le taff en retard et après je dois aller trop vite pour tout vérifier parce qu'on ne cesse de me répéter à quel point ces deadlines sont importantes, donc j'oublie des trucs et on rend de la m*rde au client. Je suis la moins coupable dans l'affaire mais je suis apparemment la seule à me sentir mal quand je travaille mal. N-o-r-m-a-l.

  21. Ah merci de m'avoir rappelé la Cicatrice. Je me souviens à quel point ce livre m'avait remué. C'est clairement un truc que mes enfants liront.

    J'ai été une grande lectrice mais, comme tout le monde, je n'ai plus suffisamment de temps. Je ne suis pas très originale, les livres ci-dessous sont presque tous des chefs d'œuvres qu'on connaît tous. 

    Voyage au bout de la nuit

    Crime et châtiment

    Guerre et Paix

    Les Buddenbrook

    Jean-Christophe -> dix volumes de Romain Rolland sur la vie d'un compositeur imaginaire

    J'aime ça long et pesant. C'est pas des claques émotionnelles, c'est de la fascination pour les structures et la beauté de l'écriture. Je ne suis pas une grande sensible, j'aime ce qui me pousse à réfléchir et qui laisse une marque durable. Le Cicatrice, j'étais très jeune, on est alors plus facile à atteindre profondément.

  22. lalibrairie.com, c'est une PME qui travaille en partenariat avec des librairies indépendantes. Si ta librairie a ces livres, c'est elle qui prépare la commande, sinon tu peux te la faire envoyer à ladite librairie ou chez toi.

    Y'a d'autres sites qui ont tous leurs avantages et leurs inconvénients. 

    leslibraires.fr, c'est le même principe, sauf que c'est une association, je crois.

    librairesindependantes.com fonctionne comme un moteur de recherche. Tu cherches un livre et ça te dit où le trouver au plus près de chez toi.

    Les trois sont intéressants, mais faut pas s'attendre à avoir son livre en deux jours.

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