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Déchet(s) recommandé(s)

Montreal in Mohawk

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« Tiohtià:ke Otsira'kéhne », c'est la nouvelle dénomination du parc du sommet d'Outremont, à Montréal, annoncée par la Ville de Montréal dans un communiqué.

 

La nouvelle appellation, qui se prononce « djodjâgué otchira'guéné », a été choisie par les trois communautés mohawks de la région de Montréal, soit Kahnawake, Kanesatake et Akwesasne. Elle signifie « autour du feu, sur l'île où le groupe se sépare ».

Le sommet d'Outremont du Mont-Royal, aussi connu sous le nom de Belvédère Outremont, se trouve entre les arrondissements d'Outremont et de Côte-des-Neiges-Notre-Dame-de-Grâce, à l'ouest du Cimetière Mont-Royal et au sud de la station de métro Édouard-Montpetit. Il s'élève à 215 mètres du sol et est un peu moins élevé que le Mont-Royal, dont la hauteur est de 233 mètres.

https://decolonialatlas.wordpress.com/2015/02/04/montreal-in-mohawk/

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J’ai besoin d’être plus éduquée au sujet des groupes autochtones des environs. Ce n’est toujours pas clair pour moi si ces groupes correspondent aux originaux de ce territoire, ou s’il s’agit de ceux qui sont arrivés bien plus tard à partir de la région de New York (ou un mélange des deux).

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Les Américains ont chassé  au nord et à l'ouest pas mal tous les amérindiens qui "gaspillaient" la terre inspiré de l'idée du  philosophe Locke que la terre appartient à celui qui la travaille.

Les Hurons de la banlieue de Québec...sont originaires du grand-lacs

La réserve Mohak Doncaster dans le Laurentides est à la limite du territoire revendiqué par les Attikamek.

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J’imagine que c’est pour ça que certains universitaires disaient ne pas vouloir faire de reconnaissance territoriale, c’est se positionner en faveur d’un groupe aux dépends des revendications territoriales d’autres groupes. C’est bien embêtant.

pis fuck Locke, rien qu’à lire son nom j’ai des sueurs froides depuis la fucking dissertation que j’ai jamais su remettre à propos de sa conception de l’argent.

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Vouloir définir le territoire d'une tribu, ça serait seulement faire une carte de l'emplacement présumé des tribus au moment de l'arrivée des Européens. Ça ne tient pas compte du fait que les frontières sont changeantes selon les guerres. Et que certaines tribus disparaissent et sont assimilés par une autre tribu. De la même manière la carte de l'Europe est bien différente de la carte de l'Europe il y a 400 ans.

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il y a 9 minutes, Cathou La Tuque a dit :

Vouloir définir le territoire d'une tribu, ça serait seulement faire une carte de l'emplacement présumé des tribus au moment de l'arrivée des Européens. Ça ne tient pas compte du fait que les frontières sont changeantes selon les guerres. Et que certaines tribus disparaissent et sont assimilés par une autre tribu. De la même manière la carte de l'Europe est bien différente de la carte de l'Europe il y a 400 ans.

Certes, mais même à ce jour, n’y a-t-il pas des disputes au sujet d’à qui appartient le territoire de Montréal?

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Les Sulpiciens ont été les seigneurs-propriétaires de l’île de Montréal de 1663 à 1840.

Les Sulpiciens sont devenus les véritables propriétaires de la ville, lorsqu’ils l’ont rachetée, en 1663, de la Société Notre-Dame, alors en faillite. 

Les volumineuses archives des Sulpiciens comptent de nombreux dictionnaires, notamment de mohawk, de huron et d’algonquin.

En 1717, les religieux reçoivent du roi Louis XV la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes, où émergeront par la suite la municipalité d’Oka et la communauté des Mohawks de Kanesatake.

La pinède, constituée de 100 000 arbres, a été plantée pour protéger Oka de l’ensablement qui menaçait pratiquement tous les ans le village et ses terres agricoles.

La mise en place des pins à Oka a, de l’avis de plusieurs, sauvé le village de la destruction ou d’un déménagement que ses habitants ne désiraient pas.

La pinède d’Oka est souvent mentionnée comme étant la plus vieille forêt plantée en Amérique du Nord.

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C'est un peu comme le mouvement des Abénaquis. Ils ont migré de la Nouvelle-Angleterre (New Hampshire, Maine, Vermont) dans le coin de Québec (Chaudière) avant de s'établir sur la rive-sud du Lac Saint-Pierre (Odanak, Wôlinak).

WWW.THECANADIANENCYCLOPEDIA.CA

C'est dommage, on n'aborde pas les peuples autochtones ben ben dans notre cours d'aménagement du territoire, pourtant l'enjeu semble fondamental.

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Montréal est une grande plaie ouverte qui chaque jour supplie qu'on la referme.

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Pendant des siècles, les Mohawks de Kahnawake ont aidé les navigateurs à franchir les dangereux rapides de Lachine, à la hauteur de l'île de Montréal. 

L'aîné mohawk Billy Two Rivers affirme que ses ancêtres iroquois s’étaient établis le long des rapides de Lachine bien avant l’arrivée des Européens. En raison des tensions avec les Abénakis, les Iroquois auraient voulu avoir l’œil sur le point de passage stratégique que constituaient les rapides.

 

Selon Billy Two Rivers, les différents clans installés dans le secteur surveillaient les sentiers de portage pour donner l’alerte en cas de tentative d’invasion des territoires iroquois situés plus au sud.

Bien qu’il soit possible de les descendre en canot, il est essentiel de bien connaître cette section du fleuve pour éviter la catastrophe. Entre le lac Saint-Louis et le port de Montréal, le niveau du fleuve descend de 14 mètres, et il est essentiel d’éviter certains seuils qui sont beaucoup trop dangereux pour être franchis dans une petite embarcation.

En raison des nombreux écueils qui parsèment cette section du fleuve, le métier de passeur des rapides a fini par se développer. Les Iroquois qui habitent le territoire de Kahnawake le long des rapides sur la rive sud du fleuve ont longtemps occupé cet emploi hautement spécialisé qui a pris de l’ampleur avec le flottage du bois sur le Saint-Laurent.

L’anthropologue Serge Bouchard affirme qu’aussi compétents que les capitaines de cage étaient sur l’eau, lorsqu’ils arrivaient aux rapides de Lachine, ils préféraient faire appel aux Iroquois. Cela a donné lieu à de véritables spectacles, dit-il, où les Montréalais allaient à LaSalle les fins de semaine voir les « sauvages » sauter les rapides.

Et au milieu des années 1950, les pelles mécaniques qui ont creusé la Voie maritime du Saint-Laurent ont définitivement coupé le lien ancestral qui unissait les Iroquois à l’eau vive.

 

Les rives naturelles de la réserve ont été remplacées par un énorme canal d’une centaine de mètres de large. Le Mohawk Billy Two Rivers, qui a grandi au bord de l’eau, en est resté profondément marqué.

 

"Ils nous ont pris toutes nos berges, les endroits où l’on pêchait, les hauts-fonds où les poissons frayaient. Tout a été détruit."

https://www.google.com/amp/s/ici.radio-canada.ca/amp/1118291/montreal-histoire-autochtones-rapides-lachine

 

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L'anthropologue Serge Bouchard considère qu’il est bien connu que les habitants d’Hochelaga en 1535 étaient des Iroquoiens du Saint-Laurent et non des Mohawks.

William Douw Lighthall était un avocat montréalais qui a été maire de Westmount de 1900 à 1903. Il était aussi poète et archéologue à ses heures. En 1899, il a publié un essai, Hochelagans and Mohawks : A Link in Iroquois History, où il affirmait que les habitants d’Hochelaga en 1535 avaient ensuite migré vers le sud, fondant les communautés mohawks de Kahnawake, Kanesatake et de l’État de New York. Pour le récompenser de son appui, Kahnawake l’a sacré en 1909 « chef honoraire » sous le nom de Ticonderoga, selon un mémoire de maîtrise de l’Université McGill de 1991. « La thèse de Lighthall a été très influente pour les Mohawks, parce qu’elle recoupait certaines traditions orales », dit le chercheur indépendant Darren Bonaparte.

Selon l’archéologue Geneviève Treyvaud, on peut considérer que tous les peuples autochtones qui ont signé la Grande Paix de Montréal en 1701 fréquentaient Montréal sur une base régulière. Outre les Hurons-Wendats, les Mohawks et les autres Iroquois, les Abénaquis et les Algonquins, on retrouve parmi les signataires des Cris, des Micmacs, des Malécites ainsi que des peuples venus d’aussi loin que le Wisconsin, l’Iowa et le Mississippi.

Christian Gates St-Pierre, archéologue de l’Université de Montréal qui a notamment publié l’été dernier une étude, dans la revue Science Advances, montrant que les villages des Iroquoiens du Saint-Laurent sont disparus peu après l’arrivée de Jacques Cartier, probablement à cause de rivalités avec les Hurons-Wendats de l’Ontario et les Iroquois du nord de l’État de New York (d’autres chercheurs penchent pour des épidémies).

Une chose est sûre, selon l’archéologue Geneviève Treyvaud : la taille des maisons longues d’Hochelaga visitées par Jacques Cartier en 1535 est trop grande pour qu’il s’agisse d’un village abénaquis ou algonquin. Jacques Cartier évoque une cinquantaine de maisons de 15 mètres de long abritant chacune une quarantaine de personnes.

https://plus.lapresse.ca/screens/cf3a28ad-2399-4d6b-8cd1-628a3a7d2ead__7C___0.html

 

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Oka, 20 ans: Les origines lointaines et contemporaines de la crise

 

Pour comprendre la profondeur et la nature du litige relativement aux terres de la région d’Oka, il faut remonter jusqu’au Régime français, et même plus loin, selon la tradition orale mohawk. La Congrégation des pères de Saint Sulpice avait établi une mission au Fort de la Montagne, à Montréal, où étaient regroupés des Amérindiens de diverses nations, majoritairement des Mohawks. Dans le but de soustraire ces Amérindiens des mauvaises influences de la ville, les Sulpiciens les ont convaincus de quitter leur établissement de la Montagne pour la nouvelle mission du Sault-au-Récollet, située au nord de l’île de Montréal, en bordure de la rivière des Prairies. Un premier contingent quitte la Montagne en 1696 et le déménagement sera complété en 1704. Mais voilà que vingt ans à peine après leur arrivée au Sault-au-Récollet, les Sulpiciens doivent convaincre ces Amérindiens de déménager de nouveau, cette fois-ci au lac des Deux Montagnes, à un endroit stratégique situé à la sortie de la rivière des Outaouais.

Il semble que ce soit là, en bonne partie, le noeud du problème. La tradition orale mohawk appuyée par plusieurs sources documentaires converge vers les promesses qui auraient été faites aux Amérindiens dans le but de les convaincre de déménager au lac des Deux Montagnes, promesses selon lesquelles ils auraient des terres bien à eux. Les Amérindiens qui avaient défriché et exploité des terres au Sault-au-Récollet ont accepté la proposition des Sulpiciens. C’est ainsi que le transfert vers la mission du Lac-des-Deux-Montagnes s’est réalisé au mois de février 1721, en plein hiver.

Le Séminaire de Saint-Sulpice de Paris s’est vu concéder par le roi de France des droits « en toute propriété » sur la seigneurie du Lac-des-Deux-montagnes, à certaines conditions cependant : l’établissement d’une mission à l’usage des Amérindiens, la construction d’une église et l’érection d’un fort là où débouche la rivière des Outaouais. En 1733, des terres furent de nouveau concédées, permettant aux Sulpiciens d’agrandir leur domaine.

À la petite communauté mohawk nouvellement établie allaient se joindre des Amérindiens d’autres nations, principalement des Algonquins, des Népissings et des Hurons. La vie dans la nouvelle mission semble s’être déroulée sans trop de difficultés jusqu’en 1760.

 Si l’on se fie aux écrits des historiens, la présence mohawk au lac des Deux Montagnes remonterait à 1721, date de création de la seigneurie. Cette version n’est cependant pas partagée du côté mohawk. Les auteurs d’une étude sur l’histoire de Kanesatake, publiée en 1995, ne mettent pas en doute le fait qu’en 1721 les Sulpiciens y aient fondé une mission et qu’un contingent de Mohawks convertis soit alors arrivé en compagnie d’un prêtre. Invoquant la tradition orale, plusieurs sources documentaires et des données archéologiques, ils suggèrent toutefois que la présence mohawk à cet endroit est bien antérieure à la création de la seigneurie.

La majorité des historiens s’entendent pour dire que la mésentente au sujet de la propriété des terres sur la seigneurie du Lac-des-Deux-Montagnes a débuté peu de temps après la Conquête. Dans sa thèse d’histoire réalisée en 1974, Claude Pariseau mentionne qu’une première protestation officielle surgit en 1781. Plusieurs chefs se rendent chez un certain colonel Campbell pour revendiquer leurs droits à la seigneurie à la suite d’un litige avec les Sulpiciens sur l’utilisation des ressources. En guise de droit de propriété, ils remettent un collier de wampum. Il s’agit d’une ceinture, longue et étroite, constituée de rangs de perles reproduisant certains motifs symboliques. Les chefs expliquent alors au colonel Campbell la signification de cette pièce d’archives qui aurait été fabriquée à la période du déplacement du Sault-au-Récollet vers le lac des Deux Montagnes. Peu de temps après, cependant, le wampum leur est expédié avec la mention « comme n’ayant aucune valeur » et ne pouvant « servir de titre de propriété ». Sept ans plus tard les Amérindiens reviennent à la charge et reprennent l’argument du wampum comme titre de propriété valide. 

C’est à partir de 1840 et après l’abolition du régime seigneurial que les Sulpiciens se sont mis à vendre des terres à des colons blancs. Majoritaires dans la seigneurie jusqu’en 1860 environ, les Amérindiens d’Oka deviendront bientôt minoritaires. 

Vers 1869, le conflit s’envenime davantage et prend toutes les tournures d’une « guerre de religions » alors que les deux tiers des Amérindiens adhèrent à la religion protestante. Un temple méthodiste est construit au milieu du village amérindien et les Sulpiciens s’y opposent aussitôt. Ils s’adressent aux tribunaux et leurs droits sont confirmés. Le temple méthodiste est démoli et une crise majeure éclate. L’extrait de L’Opinion publique que nous avons reproduit en introduction décrit bien l’ampleur du conflit : église et presbytère incendiés, arrestations, recours aux armes, poursuites devant les tribunaux, citoyens apeurés qui quittent le village, intervention de la police provinciale. C’est à cette époque d’ailleurs que les Algonquins vont quitter la mission du Lac pour s’établir au coeur de leurs territoires de chasse, à la rivière Désert près de Maniwaki.

 

Un simple coup d’oeil sur la base territoriale des Mohawks de Kanesatake avant la crise de l’été 1990 montre très bien l’état de fragilité dans lequel se trouvait cette communauté. Cette base territoriale était le reflet d’un long processus de dépossession et de réduction auquel assistèrent les Amérindiens, impuissants à y mettre un terme malgré de nombreuses protestations.

https://www.erudit.org/fr/revues/raq/2009-v39-n1-2-raq3971/045003ar/

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Petite histoire d’une réserve

La réserve mohawk de Kahnawake a été créée en 1667 sous le nom de Mission Saint-François-Xavier du Sault-Saint-Louis. Cette première mission iroquoise en Nouvelle-France est octroyée aux Jésuites afin d’y recueillir et assimiler des Iroquois. Située aux environs de La Prairie, l’emplacement initial de la mission est appelé Kentaké par ses premiers habitants : l’Iroquois Tonsahaten, sa femme, cinq de leurs compagnons et des colons français.

Dans les années 1670, la mission connaît une croissance démographique avec l’arrivée de plusieurs autochtones, dont de nombreuses familles d’origine mohawk. La langue et l’identité mohawk deviennent graduellement majoritaires et tendent à assimiler une petite population tirant ses origines dans plus de vingt-deux nations différentes, dont des Oneidas, Hurons, Pétuns, Outaouais, Algonquins, Mohicans et Abénaquis.

De plus, dès 1700, les gens de Kahnawake se considèrent distincts de leurs voisins non autochtones, ainsi que des autres Iroquois de Nouvelle-France ou des colonies anglaises. Cette distinction est accentuée par la culture distincte qui se développe au village, l’utilisation importante de la langue française, l’importance accordée à la religion catholique et, fait intéressant, à une coiffure distinctive.

Dès ses origines, Kahnawake est donc marqué par le métissage de sa population, un métissage qui implique des autochtones et aussi des personnes d’origine européenne. L’on note aussi une orientation rapide vers une identité mohawk unique et ce, même si la mission déménage quatre fois avant d’atteindre, en 1716, son emplacement actuel sur la rive sud de Montréal.

Les deux derniers déplacements de la mission se font à l’intérieur de la seigneurie du Sault-Saint-Louis. En 1680, cet emplacement de plus de 40 000 acres est octroyé aux Jésuites par la Couronne française afin de servir de domicile aux Iroquois convertis. Lors de sa concession, il est convenu que les missionnaires ne doivent pas concéder des terres à des colons. Toutefois, les limites au sud (seigneurie de La Salle) et à l’est (seigneurie de La Prairie) du Sault-Saint-Louis sont rapidement outrepassées parce que les Jésuites réussissent à concéder des lots à des familles « canadiennes » à l’intérieur de la seigneurie. En 1762, les Jésuites sont expropriés par les Britanniques et le statut des Mohawks en tant que seigneurs du Sault est reconfirmé.

Ceux-ci obtiennent les services d’un agent qui se doit de gérer les rentes des locataires. Il doit aussi limiter l’enracinement d’autres Canadiens. Or, le nombre de lots concédés à l’intérieur du Sault augmente, ce qui a pour effet de gruger l’espace restreint et ses ressources convoitées, dont le bois de chauffage. En 1830, près de 280 personnes non indiennes et leurs familles vivent dans la seigneurie du Sault-Saint-Louis sur des concessions totalisant une superficie de 12 000 arpents. De nos jours, une superficie de moins de 13 000 acres  demeure entre les mains des Mohawks. Leurs revendications territoriales touchent notamment les municipalités de Saint-Constant, Sainte-Catherine, Saint-Mathieu, Delson, Candiac et Saint-Philippe.

La question de l’appartenance à Kahnawake a fait l’objet de quelques études approfondies. Certains ont relaté comment une partie de la population s’est battue de 1820 à 1890 pour faire expulser des « Blancs » indésirables, puissants et ayant une famille nombreuse.

Dans les années 1700, les Mohawks de Kahnawake deviennent des alliés essentiels de la Nouvelle-France. La participation des Mohawks à des expéditions militaires françaises contre les colonies anglaises du New York et du Massachusetts ainsi que dans la région des Grands Lacs entraîne l’arrivée de captifs de guerre d’origine amérindienne, anglaise, écossaise, irlandaise et hollandaise. Selon la tradition iroquoise, certains captifs sont intégrés à titre de domestiques afin de compenser pour les pertes d’hommes. Pour leur part, les plus jeunes captifs sont adoptés, et ce, par des familles touchées par le deuil d’un enfant.

On le voit, intégration, adoption et métissage font partie des fibres de Kahnawake. Or, le défi pour tout étranger est de s’intégrer aux coutumes locales, à la langue, au mode de tenure foncière, et aux multiples traditions culturelles. D’ailleurs, les Jésuites, Oblats et Sulpiciens qui se succèdent et qui ne font pas d’efforts pour apprendre le mohawk sont rapidement stigmatisés et rejetés par les Mohawks.

Dans les années 1790, le voyageur Isaac Weld remarque que les habitants de Kahnawake ont plus de respect pour un chef compétent à la guerre et à la chasse et qui a gardé les attributs de sa « Nation », que pour un chef qui devient « comme un marchand, et qui assimile ses coutumes à celles des Blancs.

De ce contexte, et ce, jusqu’en 1850, la définition même d’un Indien reste assez large. Un Indien est tout individu réputé amérindien par la naissance d’au moins un parent amérindien. Un Indien peut aussi être une personne réputée comme étant membre d’une communauté d’Indiens, connaissant bien la langue et les coutumes, quelle que soit son origine. Enfin, un Indien peut être toute personne ayant épousé un Indien ou ayant été adoptée par des Indiens.

 Depuis le milieu des années 1840, le conseil de Kahnawake est constitué de sept chefs héréditaires, nommés à vie et représentant chacun un des sept clans du village. En 1889, les chefs sont transformés en « conseillers », et ceux-ci sont élus pour une durée limitée par les résidents mâles des six nouveaux districts électoraux du village.

L'implantation du conseil de bande en 1889 et l'anéantissement du conseil traditionnel est soutenu par les plus riches propriétaires terriens, et ils sont soutenus par des jeunes hommes progressistes et assimilés à la culture « blanche » nord-américaine. Un contre-mouvement voit alors le jour afin de s’opposer à cette tendance. Ce groupe de traditionalistes, les « conservateurs », est soutenu par les plus pauvres et les non-propriétaires, et par ceux qui se disent victimes de la présence des Blancs dans la réserve.

S’inspirant des fondateurs du mouvement conservateur des années 1890, les traditionalistes des années 1930 et 1940 accentuent leur opposition aux mariages mixtes et à l’établissement continuel de Blancs dans la réserve par l’entremise de mariages, d’amitiés ou de rapports commerciaux.

Avant 1850, la définition d’un Indien était large et ambiguë. L’ambiguïté de la loi pouvait jouer en faveur ou en défaveur d’une personne et de sa famille. L’acceptation à long terme d’une personne pouvait reposer sur son influence auprès des chefs, la richesse de ses avoirs, ses origines socio-économiques ou son niveau d’intégration à la communauté de Kahnawake. Or, la question des avoirs fonciers a joué un rôle prépondérant dans le niveau d’acceptabilité d’une personne et de sa famille. De plus, à plusieurs reprises, le gouvernement est intervenu afin de reconnaître légalement le statut d’une personne pour ensuite lui donner une permission légale de vivre à Kahnawake. D’ailleurs, demander l’expulsion d’un Blanc auparavant autorisé à rester semble avoir des allures d’affirmation identitaire.

Le mot « Indien » est défini légalement depuis 1850 par l’Acte pour mieux protéger les terres et les propriétés des sauvages dans le Bas-Canada. Cette loi permet à un homme blanc marié à une Indienne d’être reconnu comme un « Indien ». Pour des raisons de souveraineté identitaire et de protection de la terre, ces hommes blancs deviennent brusquement une menace aux yeux des Mohawks car ceux-ci peuvent potentiellement devenir des chefs. Or, les habitants de Kahnawake n’ont jamais voulu que des hommes blancs en viennent à influencer la distribution des terrains et du pouvoir au sein de leur communauté.

En 1869, le gouvernement présente l’Acte pourvoyant à l’émancipation graduelle des Sauvages, par l’entremise duquel l’on propose l’« émancipation » . Un individu reconnu comme étant « Indien » peut ainsi renoncer à son statut légal, ou être « encouragé » à le faire. Par l’entremise de ce processus, la famille entière d’un homme émancipé perdrait son statut. L’Acte des Sauvages de 1869 propose aussi une modification du statut des femmes autochtones mariées à des Blancs. Le mot « Indien » devient donc de plus en plus restrictif car la femme autochtone qui épouse un Blanc ne peut plus être inscrite au registre des Indiens. Cela s’applique aussi aux enfants issus de tels mariages. Enfin, l’Acte de 1869 dicte que la pureté du sang devienne un critère essentiel pour identifier un individu en tant qu’Indien. L’article 4 stipule que « nulle personne ayant moins d’un quart de sang sauvage et née après la passation du présent acte » n’a droit au statut d’Indien. La loi de 1876 viendra confirmer l’importance accordée à la paternité, une valeur prônée par certains membres du gouvernement depuis longtemps, ainsi que par une partie de la population de Kahnawake. Ce n’est donc pas étonnant que George de Lorimier, Charles Gédéon Giasson et d’autres pères de famille soient ciblés et que des notions de sang et d’hérédité se fassent entendre lors des travaux de Walbank en 1884. En effet, il semblerait que les gens de Kahnawake auraient tenté de faire appliquer les lois paternalistes de 1869 et de 1876 de manière rétroactive pour contrecarrer les effets pervers de la loi de 1850, et ce, afin de faire expulser des Blancs ou des métis puissants et indésirables.

https://www.erudit.org/fr/revues/raq/2009-v39-n1-2-raq3971/045009ar/

 

 

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