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Je suis étonnée de voir que le sujet du suicide n'ait pas donné de grain à moudre depuis 2010 dans le coin... Ou alors y'a un sujet plus récent et assez caché pour que je ne le trouve pas (ce qui est loin d'être impossible^^), si oui, je veux bien qu'on me l'indique voire qu'on y transfère mon post actuel. 

Pour ma part déjà, je fais une différence entre "une pensée de suicide" et "une envie de suicide". Et plus d'une fois je dirais que mes pensées ont contrecarré les envies. En y pensant, en m'y projetant, en réfléchissant à quelles manières, ça m'a permis de prendre la distance émotionnelle, le recul nécessaire pour pouvoir enfin être plus rationnelle et moins dans l'affect et ainsi entrevoir une ou des raisons de vivre encore un peu finalement.

Je suis toujours étonnée (oui je sais, je m'étonne beaucoup pour plein de choses, je peux être assez candide parfois) d'entendre dire que le suicide est  de la faiblesse. J'étais jeune adolescente quand j'ai commencé à avoir des envies et des pensées sur le suicide sans être jamais passée à l'acte. Et jusqu'à mes 30 ans, je considérais qu'être en vie malgré ces envies passées témoignaient d'un manque de courage de ma part. Je trouvais réellement qu'il fallait du courage pour commettre un acte aussi irréversible. J'avais aussi une peur immense de me rater et de finir ma vie pire qu'avant. Je ne voulais pas prendre le risque de me rater surtout, ce n'était pas un appel à l'aide, si je passais à l'acte je savais que ce serait définitif. La preuve que je ne cherchais pas de l'attention dans cette envie, c'est que finalement, échouant à trouver le courage nécessaire au suicide, j'ai décidé de fuguer pour commencer (mais on m'a retrouvée et ramenée au bout de 2 jours), puis j'ai commencé à m'affamer (le début de mon anorexie), mais ça a attiré l'attention sur moi (difficile de passer inaperçue quand tu t'évanouies plusieurs fois en plein pensionnat) du coup j'ai fait en sorte de contrôler mon anorexie pour la garder sous le seuil de vigilance des autres (je me nourrissais juste de quoi tenir sur mes jambes)... 

Puis à 18 ans, j'ai rencontré mon ex-mari qui m'a aidé à m'en sortir petit à petit.

Et la veille de mes 30 ans, ma tante s'est suicidée... Alcool et médocs pris dans son bain... Toute la famille a implosé (il ne fallait déjà pas grand chose vu l'équilibre précaire d'avant) et le sentiment le plus partagé par tous était la colère. La colère contre ma tante, avec un fort sentiment d'abandon de sa part. Et la colère renvoyée aux uns et aux autres pour ne pas l'en avoir empêchée... J'étais abasourdie devant tant de colère et de violence. Pour ma part, j'éprouvais une immense tristesse et une énorme peine pour elle qui n'avait plus trouvé assez d'espoir pour continuer à vivre malgré tout... Et j'ai compris mon erreur : ce n'était pas du courage, seulement un désespoir irréversible... Et j'ai pleuré de tristesse pour ma tante. Et j'ai pleuré de joie d'avoir jusque là su garder un espoir, aussi infime soit-il. 

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Merci d'avoir partagé ton histoire @ShameOnYou, c'est vrai que c'est pas un sujet facile. J'ai pas ton courage pour partager autant, mais mettons juste qu'ayant vécu une histoire de suicide dans ma famille rapprochée aussi, je peux te feel au moins sur ça. 

Je vais prendre une tangente sur le sujet pour dire que dans son livre Le Suicide, Émile Durkheim a comparé les taux de suicides entre pays européens et selon les confessions religieuses au sein de ces pays. Les protestants sont ceux qui se tuent le plus, puis loin après les catholiques, puis les juifs. J'vous épargne tout son raisonnement, mais en gros, ce serait pas une question de dogmes, parce que dans la Torah ça ne dit rien contre le suicide, et que ce sont les mêmes pour les protestants et les catholiques à ce sujet (ce qui est un gros non). Ce serait plutôt parce que l'intégration sociale au sein des familles catholiques est beaucoup plus forte que dans les sociétés protestantes. Les taux de suicide augmentent partout où l'intégration sociale s'affaiblit. 

Qu'est-ce qui pourrait bien en faire office qui ne soit pas une religion? 

Ça r'gard mal. 

[Edit: @Molotor avait déjà parlé de cette théorie, comme je viens de voir. Mais bon, parce qu'il n'a pas donné autant de détails, j'garde ça de même.]

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Je ne vois pas ça comme du courage @Retromantique, plutôt comme un juste retour des choses, un passage de relais en quelque sorte. C'est le partage des expériences d'autres personnes qui m'a très souvent aidé à surmonter pas mal de mes épreuves dans la vie.

C'est intéressant, ta tangente. Quand j'ai commencé à lire ce paragraphe, j'ai pensé "et les athées et agnostiques ? Quel est leur taux de suicide du coup ? Sont-ils moins intégrés socialement ? Quel est leur dogme ?" Oui, c'est une bonne question : Qu'est-ce qui pourrait remplacer une religion pour surmonter la vie ? ^^ Et dans les spiritualités non-dogmatiques, connaissent-ils le suicide..?

C'est un sujet qui ne m'apporte que plus de questions que de réponses ! ^^

(je ne comprends pas "ça r'gard mal." ..?)

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Il y a 2 heures, ShameOnYou a dit :

Je ne vois pas ça comme du courage @Retromantique, plutôt comme un juste retour des choses, un passage de relais en quelque sorte. C'est le partage des expériences d'autres personnes qui m'a très souvent aidé à surmonter pas mal de mes épreuves dans la vie.

C'est intéressant, ta tangente. Quand j'ai commencé à lire ce paragraphe, j'ai pensé "et les athées et agnostiques ? Quel est leur taux de suicide du coup ? Sont-ils moins intégrés socialement ? Quel est leur dogme ?" Oui, c'est une bonne question : Qu'est-ce qui pourrait remplacer une religion pour surmonter la vie ? ^^ Et dans les spiritualités non-dogmatiques, connaissent-ils le suicide..?

C'est un sujet qui ne m'apporte que plus de questions que de réponses ! ^^

(je ne comprends pas "ça r'gard mal." ..?)

Qu'est-ce tu entends par spiritualité non-dogmatique? Est-ce que tu parles des religions non-monothéistes pré-chrétiennes ou... ?

"ça c'rgard mal" c'est québécois pour "ça regarde mal". Parce que justement, les athées et les agnostiques ne bénéficient pas de l'effet prophylactique de l'intégration sociale offerte par la religion. J'veux dire, c'est une généralisation; tu peux être athée et naitre dans une grosse famille tricotée serrée, mais tu as beaucoup moins de chances de naitre dans ces conditions que si tu es, par exemple, catholique (ou musulman j'imagine, bien que Durkheim n'avait pas fait de comparaison avec cette confession-là qui était presque inexistante en Europe au XIXème siècle). Il remarquait déjà à son époque que le taux de suicide augmentait progressivement au fil du temps. Ça vient avec la modernité et l'atomisation de la société à laquelle elle donne lieu. D'où le ça r'gard mal.

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Beaucoup d'idées suicidaires depuis plus d'une dizaine d'années, passages à l'acte, mon entourage s'en fout un peu, je sais bien qu'ils me pleureront à peine quelques jours et puis ils passeront à autre chose, par contre la je m'automédicamente depuis 1 an avec mon médecin traitant pcq les psychiatres ne semblent pas comprendre l'étendue de mon mal-être ou sont peut-être tellement débordés de travail ces derniers temps qu'ils attendent que tu sois au plus bas dans une situation critique pour agir.

Personnellement j'ai déja écrit ma lettre de suicide dans mon journal intime de pensées abstraites, j'ai un gun, j'ai déja été sur doctissimo pour essayer de m'exprimer et j'ai été signalé à la police qui est venue frapper à ma porte, mais le mal-être est bien la tous les matins c'est pareil, encore une journée de merde à passer dans ce monde de merde.

Ce qui est malheureux c'est que ca ne tient qu'a peu de choses, je veux dire par la que si j'avais de l'attention irl for real j'en aurai très probablement beaucoup moins ces idées. Mauvaises rencontres qui ont guidées mon parcours de vie...

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@VentYourSpleen, cette période de pandémie nous met face à une solitude et un isolement à la limite du supportable au bout d'un an, et rajoute au mal-être pré-existant... C'est pour cette raison par exemple que je squatte 1 ou 2 forum comme celui-là, c'est ma petite fenêtre de sociabilisation, créant une illusion relationnelle nécessaire. 

En plus de la médication ou des psychiatres, n'est-ce pas de temps d'écoute et de partage qui manquent ? Je ne sais pas quoi dire pour te remonter un peu le moral (je ne suis pas beaucoup plus joyeuse donc forcément pas de très bons conseils... ^^), mais je t'ai lu et je comprends ton mal-être, je compatis... 

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Il y a 11 heures, Retromantique a dit :

Qu'est-ce tu entends par spiritualité non-dogmatique? Est-ce que tu parles des religions non-monothéistes pré-chrétiennes ou... ?

Il y a aussi le tantrisme shivaïque, c'est surtout cette spiritualité à laquelle je pensais en écrivant, peut-être (et sûrement) en existe-t-il d'autres qui me sont inconnues. Et même sans les nommer explicitement, ne pas avoir de religion ne signifie pas ne pas avoir de spiritualité à mon sens. Je suis allergique aux dogmes, et j'en ai visiter un certain nombre... je suis d'origine juive, j'ai fait ma scolarité dans un pensionnat catholique et j'ai vécu plus de 2 ans dans un quartier musulman, et je me suis intéressée à ces religions, ma curiosité naturelle m'y a poussée. Mais je ne me suis jamais retrouvée, senti à ma place, dans un dogme, c'est trop fermé, trop oppressant pour moi. Pour autant, je ne suis pas dépourvue de spiritualité, mais c'est la mienne toute personnelle, faite d'un tas de petits riens pris ici ou là et assemblés pour mieux me convenir. Le tantrisme shivaïque est pour le moment la spiritualité où je me retrouve le plus (mais encore jamais entièrement)... 

Ce que tu dis me fait penser au concept du récit collectif, cette base sociale, ce tronc commun qui nous permet de nous identifier à ceux qui nous entourent... 

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@ShameOnYouMouais, ca fait plusieurs années que je vis seul sans personne avec qui avoir de discussions que je jugerai comme essentielles, des vraies conversations lors desquelles mon interlocuteur me répondrai sans me juger, sans me faire la morale mais simplement en nourrissant avec des propos, en essayant de comprendre, ché pas moi, en faisant preuve d'empathie et de compassion. La covid a rien changer à mon mode de vie sinon pour les salles de sports, je vis comme un ermite depuis presque toujours.

J'ai plus d'amis, faudrait-il encore que j'en ai déjà eu avant, j'ai "largué" mes faux amis et je me retrouve seul et ca me déprime à mort, payer pour parler à un psychiatre qui t'écoutes à moitié pcq il a probablement vu passer des centaines d'autres avant toi ca me déprime aussi, pcq je pense que si j'avais eu des vrais amis dans ma vie j'aurai jamais eu besoin de psy et de médicamentation. Me reste ma famille en comité très réduit, j'ai largué pas mal de monde de ma vie en fait, mais il y a un passé assez houleux pour rester bref donc les sentiments n'y sont pas et c'est pire pcq ca en est hypocrite autant de leur part que de ma part d'entretenir une pseudo relation qui n'est rien d'autre que toxique au final.

Au travail les relations et le climat social est pourri de chez pourri, société où la mise en valeur de la compétition et de l’excellence est omniprésente, c'est pas avec m'es collègues ouvriers que je vais avoir des accalmies loin de la.

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@VentYourSpleen, je comprends... J'ai toujours été sociable, au prix d'un lourd tribut énergivore en terme d'adaptabilité. Mais même moi, je suis en train de sombrer par manque de lien social, d'attaches amicales et familiales... Ces derniers temps je me suis retrouvée face à ma naïveté dans mes choix amicaux et j'ai également fait le ménage autour de moi (et je peux maintenant compter mes amis sur les doigts d'une main estropiée). Pareil au sein de ma famille (toxicité de compétition !) où je ne garde de lien finalement qu'avec peu, à peine 2 personnes et demie... Et au boulot, avec la situation sanitaire, je suis seule dans mon open space depuis des mois, mes collègues étant en télétravail. 

Nous sommes humains. Et l'humain est un être sociable. Nous avons tous besoin de liens, tous. Même ceux se qualifiant d'asociaux et de misanthropes ont besoin de l'oreille d'un autre pour se définir ainsi. Ce n'est pas pour rien que les réseaux sociaux comme ce forum attirent... Pour entendre autre chose que le seul écho de notre voix éraillée. 

Peut-être trouveras-tu ici des discussions qui te feront résonner autant que raisonner, je te le souhaite en tout cas... je nous le souhaite. ^^ 

Modifié par ShameOnYou
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Je philosophe sur l'utilité de poster sur un forum publique, n'ayant aucun réseaux sociaux, étant complètement asocial/égocentrique par auto protection, je me demande bien ce que je fait ici, ah mais voila en fait...

il y a 38 minutes, ShameOnYou a dit :

Nous sommes humains. Et l'humain est un être sociable. Nous avons tous besoin de liens, tous. Même ceux se qualifiant d'asociaux et de misanthropes ont besoin de l'oreille d'un autre pour se définir ainsi. Ce n'est pas pour rien que les réseaux sociaux comme ce forum attirent... Pour entendre autre chose que le seul écho de notre voix éraillée. 

Peut-être trouveras-tu ici des discussions qui te feront résonner autant que raisonner, je te le souhaite en tout cas... je nous le souhaite. ^^ 

Il faut trouver chaussure à son pied comme on dit, je suis difficile avec les autres, négatif en permanence par rejet, les normes sociales de mon époque me débectent.

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@VentYourSpleenLes normes ne sont là que pour mieux pourvoir s'en détacher. 

Il y a toujours une part de nous-même chez les autres. Parfois cette part est bien cachée, mais ça ne signifie pas qu'elle n'existe pas. 

Je lisais ce passage d'un livre de Tenessee Williams à midi, je ne sais s'il te parlera aussi :

 

IMG_20210211_125328.jpg

Modifié par ShameOnYou
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Le 2021-02-09 à 08:03, ShameOnYou a dit :

Pour ma part déjà, je fais une différence entre "une pensée de suicide" et "une envie de suicide". Et plus d'une fois je dirais que mes pensées ont contrecarré les envies. En y pensant, en m'y projetant, en réfléchissant à quelles manières, ça m'a permis de prendre la distance émotionnelle, le recul nécessaire pour pouvoir enfin être plus rationnelle et moins dans l'affect et ainsi entrevoir une ou des raisons de vivre encore un peu finalement.

C'est bel et bien ce qui m'a enlevé mes envies, la pensée de suicide. J'ai jamais été proche de le faire, mais j'ai longtemps cogité sur ce qui me semblait être la seule avenue possible. Quand on ne parvient plus à s'imaginer un avenir autre qu'au bout d'une corde, ça ne veut pas dire qu'on veut s'y retrouver. J'ai continué à marcher dans le noir et peu à peu  mes yeux se sont habitués, ou plutôt, ils ont trouvé les légères parcelles de lumière qui subsistaient dans le sombre décor qui ornait mon esprit.

Je n'ai jamais vécu de proche l'effet d'une personne chère qui se suicide. Mais je connais des gens qui sont abimés parce que leurs amis les ont "abandonnés". Pourquoi le suicide est considéré comme un acte égoïste ? Notre identité ne s'arrête pas aux limites de notre corps, elle se travaille avec les autres dans les relations. Quand on disparaît, ce n'est pas seulement notre identité qui périt, c'est une partie de celles de gens autour de nous.

Un suicide tue plus qu'une personne en ce sens. Nous sommes connectés. Et c'est peut-être pour cela que l'isolement facilite les envies de suicide sans remords. Il n'y a plus cette toile (en fait, il y a toujours la toile, mais on ne la perçoit plus) pour nous retenir. Comme tu le dis si bien :

Il y a 3 heures, ShameOnYou a dit :

Il y a toujours une part de nous-même chez les autres. Parfois cette part est bien cachée, mais ça ne signifie pas qu'elle n'existe pas. 

Pour les misanthropes comme certains d'entre-nous, je considère qu'on peut se connecter et socialiser avec tant d'autres êtres vivants que les humains et en retirer (presque) autant de bonheur. Je vis personnellement très mal mes relations humaines irl, avec un lourd historique d'évitement et d'anxiété sociale. C'est cette difficulté à connecter avec les autres dans mon environnement immédiat qui m'a poussé à changer mon approche. Je préfère échanger avec des inconnus ou d'autres formes de vie avec aisance que d'avoir à passer le restant de mes jours à me demander c'est quoi mon problème avec le monde.

Faire ce qui me rend heureux, ce qui va dans le sens de mes visions, ça me connecte tellement plus avec la vie que mes relations humaines. On a le droit de vivre ainsi.

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