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MattIsGoD

Le montage

Déchet(s) recommandé(s)

De tous les aspects du langage cinématographique, le montage est sans aucun doute mon préféré. Certes, les mouvements de caméra, le scénario, le jeu d’acteur, la mise en scène et l’éclairage sont des parties primordiales d’un film, mais le montage est selon moi l’endroit où le film prend réellement vie. C’est par lui qu’on manipule le plus vos perceptions et qu’on oriente votre lecture du film.

Il y existe autant de façon de monter un film qu’il y a de réalisateurs. Certains préfèrent les prises de vues courtes, d’autres privilégient le long take. Les uns aiment bien y aller d’une histoire linéaire alors que les autres aiment bien jouer avec les perceptions du spectateur en y allant d’un montage éclaté ne respectant pas la chronologie. Quelques fois le spectateur n’est que témoin de l’action par le biais de plans larges alors qu’à d’autres reprises, il devient partie prenante de l’histoire puisque le réalisateur le fait rentrer dans l’action grâce à une succession de courts plans lui montrant des données que les personnages ne possèdent pas. C’est tout ces choix qui donnent l’âme à une oeuvre cinématographique.

Le but de ce sujet est simple, je veux que nous discutions des films dont le montage nous a séduit. De plus, vous pourrez ici discuter des types de montage qui vous intéressent le plus ou qui, au contraire, vous rebutent.

Voici une liste de quelques films que j’ai particulièrement aimés par rapport à leur choix de montage. J’y suis allé très rapidement et j’ai exploré très peu de types de montage, mais bon, il faut tout de même laisser place à la discussion. :P

P.S.: Ces films ne se limitent pas seulement au “type” que je leur attribue, mais j’ai apprécié ces aspects-là de leur montage.

Montage non-chronologique

Before the Devils Knows You Are Dead: Ce qui rend ce film aussi intéressant outre les performances incroyables des acteurs principaux est sans aucun doute le montage non-linéaire utilisé par Lumet. Mettez cette histoire dans l’ordre et vous avez un film “policier” assez typique. Mixé le tout dans un montage plus “éclaté” et vous obtenez un film sur plusieurs “épaisseurs” qui nous fait découvrir un nouvel angle de chaque personnage tout dépendamment de l’angle d’approche de la séquence.

Snatch: Bien sur l’histoire de Snatch est tout de même assez chronologique, mais Ritchie utilise une distorsion temporelle pas mal marrante lorsqu’il fait se rejoindre les histoires principales. Cette petite “dérape” qui culmine avec un speech sur le lait de vache est tout simplement sublime.

Montage qui “découpe l’action”

Le pick pocket: Ce film est un très bon exemple de la découpe d’un film au sens “Hitchcockien” du terme. On vous montre chaque aspect de l’action. Alors que Michel (Martin LaSalle) dérobe ses victimes on montre ses mains puis son visage puis encore ses mains puis le visage de sa victime puis l’intérieur de la poche de celui-ci puis finalement la main de Michel en possession du porte-feuille pour finalement revenir à son visage sans expression. Toutes les scènes de vol sont construites de cette façon et c’est ce qui les rend intéressantes.

Montage “absent” (long takes)

Ugetsu: Mizoguchi affectionnait les plans séquences permettant à l’action de prendre forme de façon “théâtrale” et la scène finale d’Ugetsu le montre bien. C’est l’absence de montage qui fait entrer le spectateur dans la détresse du personnage principal et qui sort celui-ci du monde “mystique” dans lequel il était plongé, ou en sort-il vraiment?

The Magnificient Ambersons: Je ne me rappelle pas avec exactitude si ce film renferme plusieurs “long takes”, mais Welles fait un choix de montage intéressant lors de la scène du bal. La caméra soit le protagoniste sur 3 étages sans aucune coupure (en fait, il y en a deux très subtiles, mais shhhhhh). Il s’agit d’un plan-séquence qui démontre que l’absence de montage peut avoir un effet impressionnant sur le spectateur. Surtout qu’il aurait été si facile de découper cette séquence en plusieurs plans sans ne rien perdre de l’esprit du film.

Bon, j’en ai assez dit, à votre tour. N’oubliez pas, si vous voulez discuter de théorie du montage en général, LET’S GO CRISS!

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(modifié)

Ce que j'aime par-dessus tout dans le montage, en laissant de côté toute technicité, c'est que chaque réalisateur interprète la façon de monter d'une façon différente. Pour certains, les plans-séquences sont une façon d'atteindre un haut réalisme, puisqu'il ne coupe pas dans le temps, tandis que d'autres utilisent le montage pour créer des émotions à la chaine.

Au sujet de la première approche, ce petit extrait d'un texte pourrait vous intéresser - c'est en lien avec le topic "Lire le cinéma" - : [...] Pour être un art, le cinéma doit donc s'astreindre à un certain nombre de règles et s'interdire certaines facilités. Pour Bazin le plan séquence et la profondeur de champ doivent être privilégiés par rapport au montage. Le mot d'ordre de Bazin : " montage interdit " indique que celui-ci doit être réduit au minimum. Il en est de même pour les mouvements de caméra : elle ne doit bouger que pour suivre un personnage. André Bazin distingue deux types de cinéastes : ceux qui croient à l'image et ceux qui croient à la réalité. Autrement dit ceux qui font de représentation une fin (artistique, expressive) en soi et ceux qui la subordonnent à la représentation la plus fidèle possible d'une supposée vérité, d'une essence, du réel. Il met ainsi en opposition la lignée de Méliès avec celle de Lumière.

On ne peut pas parler de montage sans parler du fameux effet Koulechov.

L'effet Koulechov désigne la propension d'une image à influer sur le sens des images qui l'entourent dans un montage cinématographique. Les images ne prenant alors sens que les unes par rapport aux autres. Le spectateur étant amené inconsciemment à interpréter les images dans leur succession et non indépendamment les unes des autres. Cet effet est à la base de la narration cinématographique.

EFFET_KOULECHOV_1.jpg

Expérimentation qui est à la base de toutes les manigances de cet art du mensonge - et de la vérité à 24 images secondes, diront certains... - le Cinéma!

Modifié par Alligator

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