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Mes Solitudes - carnets d'un rêveur amer


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Le temps est un poisson qui me glisse des mains. Je l’ai échappé dans la rivière, il s’en va au loin.

Je me suis arrêté un moment pour écouter mon cœur. Il m’a montré un souvenir, puis des centaines d’autres, toujours des souvenirs. Ma mémoire est faite de sentiments. Et superposés ensembles, mes épisodes remémorés forment un immense courant. Soudainement, je vois la rivière remplie de poissons qui nagent vers l’horizon. À mes pieds, sur le bord de l’eau, plus rien ne bouge, que le courant qui amène toute cette vie au loin. Je cherche l’immuable autour de moi, mais même la couleur du ciel a changé.

Je ne pourrai plus profiter de la joie de l’enfance. Je ne pourrai plus profiter des pique-niques dominicaux sur le bord du ruisseau en arrière de la maison. Je ne pourrai plus faire des tipis en petites branches et des petites galettes en argile. Je n’aurai plus jamais de fascination en regardant les sauterelles bondir dans les herbes hautes. Je ne pourrai plus me perdre dans les mêmes blé d’indes, ni grimper sur le tronc penché du saule pleureur.

Plus de tricycle dans les chemins de ferme, plus de courses contre des adversaires imagines, plus d’étés à passer la journée dehors, à faire du vélo en zig-zag entre les lignes jaunes de la route, à frapper le ballon contre le toit de la grange, à sortir fripé d’une baignade de plusieurs heures dans la piscine. Fini le bruit des ouaouarons et des criquets en mangeant des saucisses devant le feu avec ma famille. Fini les siestes dans les tas de feuilles mortes, les labyrinthes de balles de foin dans le grenier de l’étable, les parties de cache-cache entre la maison, l’étable et les silos. Fini les igloos dans le fossé gelé, fini les heures à jouer dans la nuit froide et apaisante. C’est terminé.

Adieu chemin vers le ruisseau, adieu ligne de peupliers, adieu mes beaux frênes abattus qui ont fait mon ciel d’enfant. Vous êtes déjà au milieu de la mer, pendant que je regarde mes pieds immobiles sur le bord de la rivière. Le mouvement de la vie vous a emporté et j’ai l’impression d’être resté le même.

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