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Déchet(s) recommandé(s)

Ça me manquait. Voici donc le nouveau sujet qui parlera d'un autre maître du septième art: Pier Paolo Pasolini. La majorité d'entre vous le connaissiez sûrement déjà pour son très controversé Salò ou les 120 journées de Sodome, qui d'ailleurs fut le dernier film qu'il a réalisé, juste avant de mourir assassiné.

Sa filmographie en entier va comme suit:

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1961: Accattone

1962: Mamma Roma

1964: Il vangelo secondo Matteo (L'Évangile selon saint Matthieu)

1966: Uccellacci e uccellini (Des oiseaux, petits et gros)

1967: Edipo re (Œdipe roi)

1968: Teorema (Théorème)

1969: Porcile (Porcherie)

1969: Medea (Médée)

1971: Il Decameron (Le Décaméron)

1972: I Racconti di Canterbury (Les Contes de Canterbury)

1974: Il fiore delle Mille e una Notte (Les Mille et Une Nuits)

1975: Salò o le 120 giornate di Sodoma (Salò ou les 120 journées de Sodome)

j'ai omis d'y inclure ses documentaires, parce qu'on s'en fout des documentaires.

Je veux savoir: qu'avez-vous vu? et: est-ce que ça vous a plu?

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Personne pour parler du maître Pasolini ?

On s'en contre câlisse du maître. C'était un fif tout comme toi, d'ailleurs.

Je suis tombé en bas de ma chaise quand j'ai lu que tu te crissais des documentaires. Cest navrant mais pas surprenant de ta part trou du cul

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Personne pour parler du maître Pasolini ?

J'ai vu le Décaméron quand j'étais jeune mais j'en garde un souvenir flou. Sinon je peux bien remettre deux petits textes que j'avais écrit dans le temps.

Salo

Ayant uniquement eu la chance de visionner le Décaméron du même réalisateur, je suis (c'est vraiment le moins qu'on puisse dire) passé d'un extrême à l'autre, on pourrait même dire de la vie à la mort. Beaucoup de gens connaissent le roman de Sade, plusieurs ont également entendu parler du film, mais rien de ce que vous ne pourrez lire ne vous préparera adéquatement à ce dont vous allez être témoins.

L'histoire est simple: dans l'Italie de la seconde Guerre, quatre fascistes libertins enferment neuf garçons et neuf filles dans un manoir reclus pour s'adonner à quatre mois de débauche sans limite. Mais réellement sans limite. La structure redondante du film et le retour incessant aux même rituels chaque fois poussés un cran plus loin ont tôt fait de nous rendre mal à l'aise. Au départ, avec le Circle of Obsession, ça passe encore. Sodomie homosexuelle, jeunes filles forcées à masturber de vieux hommes, bref l'habituel délire sexuel pervers.

Puis vient le Circle of Shit. La coprophagie à son plus délicieux. Une adolescente forcée de manger des excréments parce qu'elle a pleuré la mort de sa mère, les enfants obligés de se retenir de déféquer pendant une semaine afin de recueillir le plus de merde possible pour un festin des rois, j'en passe et j'en passe. C'est probablement le segment le plus purement dégueulasse sur le plan visuel, mais ce n'est rien à côté du...

Circle of Blood. Dernier segment du film et de loin le plus troublant. La psychologie tordue des protagonistes est à son point le plus déviant. Le réalisme avec lequel Pasolini dépeint une scène de scalp, puis une autre d'oeil crevé et de langue tranchée est déconcertante. Comment arriver à un résultat aussi près de la réalité? On croirait être en train de visionner un snuff movie, la scène étant rendue encore plus troublante par l'absence de son.

Les sensibles n'auront qu'à bien se tenir. Salò est une oeuvre frustrante parce qu'elle n'offre aucune solution, aucun répit et semble dénuée de raison d'être. C'est à la fois une oeuvre géniale et d'une médiocrité sans nom. Prise au premier degré, on peut accuser son créateur d'être tombé dans l'excès de provocation le plus ridicule. Mais avec du recul, il fallait quand même avoir de sacrées couilles. Pas étonnant qu'il se soit fait assassiner peu après sa sortie.

Teorema

Difficile de donner quelque opinion que ce soit de ce film, qui m'a laissé scotché sur mon siège avec un air probablement fort niais quand il s'est abruptement terminé. J'ai toujours adoré Terence Stamp, son faciès mi-ange, mi-démon, un choix logique pour ce personnage sans nom, cette figure mystique à cheval entre deux mondes. Le style de Pasolini, ses longs plans, son esthétique froide et minimaliste, tout ça m'a bien plu si on reste du côté cinématographique.

Il est clair qu'il y a dans ce film une symbolique forte qui ne saurait être décryptée après un seul visionnement. Je me suis contenté de me laisser baigner dans les images, dans les émotions qu'elles suscitaient, sans trop me poser de questions. D'après moi, Teorema est en partie une étude sur le vide existentiel, sur l'impossibilité de continuer sa vie après que l'on ait fait l'expérience réelle de la plénitude. Le corps qui ne se suffit plus à lui-même, voué à chercher éternellement la main de Dieu dans une existence foncièrement dénuée de finalité.

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Je suis d'accord avec tout ce que tu dis à l'exception que je ne comprends pas les qualificatifs dont tu te sers pour décrire l'esthétique de Pasolini ("froide et minimaliste"). Pour moi un film doit être avant tout une expérience ressentie et justement j'y ai aussi vu le thème du vide existentiel. En fait je n'y ai vu que ça et rien d'autre (pas de religion ici). La métaphore se fait bien sentir : l'inconnu qui débarque chez la famille oisive et qui les rapproche un par un de la Passion qu'ils n'ont jamais connue, parce qu'il est étrangement la juste métaphore de cette béatitude éternelle qui revêt davantage pour l'existence de ces êtres que le plaisir superficiel et éphémère. Lorsqu'il quitte la demeure, c'est la rencontre du néant. Et l'un des derniers plans du film l'exprime si bien :

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Dans la bande-sonore on n'entend d'abord que le son du vent avec le personnage qui marche seul et nu dans le désert, et puis au bout de quelques minutes il se met à crier (la souffrance de concevoir la vacuité de son existence).

Mais pour bien saisir le film faut comprendre que le visiteur (Terence Stamp) n'existe pas. En fait, il peut aussi être synonyme du verbe « réaliser ». C'est un film très sombre et bien révélateur du vide de l'existence humaine si on le voit de cette façon.

Pour ce qui est de Salo, je ne l'ai vu qu'une seule fois. Jamais ça ne m'a choqué (je suis allé manger une fois le film fini) mais pour moi c'est une œuvre qui ne me parle pas. Il a fait son film dans le but de choquer et a oublié d'y mettre son intelligence.

J'ai vu La Médée il y a deux ou trois semaines et j'ai beaucoup apprécié mon visionnement. On y montre tout l'essentiel sans trop se concentrer sur certains détails. Les sacrifices, la jalousie, la vengeance, etc. Tout ça réalisé d'une main de maître. Pasolini sait voguer d'un monde à l'autre tout en gardant la même forme. Dans ce drame-ci il nous épargne des images du meurtre des enfants et dans son Salo on finit bien par comprendre que le sadisme est le principal leitmotiv du film.

J'aimerais que ceux qui lisent ce message se donnent la peine de voir un des ses films si ce n'est pas déjà fait et de venir en parler ici. Les explosions, les vaisseaux, les bazookas pis les extra-terrestres, je veux bien, mais faudrait en revenir de ces conneries un moment donné. Ou juste se donner la peine de voir autre chose.

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Ça m'intéresse, surtout que je n'ai vu aucun de ces films. Ce qui me retient d’acheter des DVDs c'est de savoir qu'un jour le format (ici le blu-ray) sera désuet face à la nouvelle technologie. Un peu comme les VHS il y a trois décennies.

Mention spéciale à ce pauvre Alf qui pense réveiller la colère en moi en enlevant un point à mon message. Peut-être serais-je agacé par le retrait s'il venait d'une personne moins ridicule et plus brillante... mais puisque ça vient de l'amant des smileys, des demotivational posters et de toutes ces conneries, c'en est autrement. En tout cas : pas de récréation pour lui demain ! Et puisqu'il n'a pas été sage cette année : moins de cadeaux à Noël aussi. Deux châtiments qui devraient suffire à faire réfléchir le petit Alf sur son comportement de connard.

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''Les 120 journées de Sodome'' était fascinant.

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