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1984

Le syndrôme de Cassandre

Déchet(s) recommandé(s)

« Quand un homme parle à un autre homme, qui ne comprend pas, et que celui qui parle ne comprend pas non plus, ils font de la métaphysique. »

Voltaire.

J'adore Hubert Reeves.

PS: Excellent sujet...

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On ne compte pas les exemples ou ceux qui ne savent pas faire quelque chose en pratique l'enseignent en theorie.

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Je préfère le complexe de Médée.

PPP.Callas.jpg

Qu'est-ce qui t'empêche de donner une explication sur ce complexe? Tu peux juste faire un copié collé venant de Wikipédia dans le pire des cas.

Parce-que là, à te lire on croit vraiment juste que tu te la pètes en namedroppant le nom d'une femme.

Développe un peu, ça pourrait être cool, non !?

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La culture semble un bienfait, en croire de nombreuses études s'étant penchées sur le sujet : être cultivé, c'est par exemple, être plus heureux et en meilleure santé, c'est aussi anticiper intuitivement l'avenir avec davantage d'acuité, ou juger avec plus de justesse la compétence d'autrui. Mais le savoir a ses revers, et parmi eux, celui d'être (sauf accident) définitif. Une fois la connaissance acquise, on ne peut plus revenir en arrière, et cela ne présente pas que des avantages...

Et l'inconvénient principal, c'est qu'un savant, un connaisseur, un professionnel... a souvent beaucoup de mal à se mettre à la place de celui qui ne connait pas, comparé à un amateur. C'est ainsi que se définit le biais cognitif connu sous le nom de malédiction du savoir (malédiction de la connaissance, revers de la connaissance...) : il désigne la difficulté, lorsque l'on a acquis une compétence, des connaissances dans un domaine particulier, à s'imaginer sans ces connaissances, se mettre à la place de quelqu'un qui ne les possède pas.

De ces connaissances découlent de nombreuses conséquences négatives pour le jugement, les décisions, l'anticipation, la gestion de la réalité sociale... Les savants (dans un domaine particulier) estiment mal la façon dont peuvent réagir ou répondre des ignorants (dans ce domaine particulier), ont des difficultés à comprendre les non-experts, à les rallier éventuellement à leur savoir ou à leur cause...

Ce phénomène psychologique pose la plus grosse de ses conséquences problématique dans le domaine de l'éducation : plus on est expert dans son domaine, plus il est difficile de partager ses connaissances : avec l'accroissement des compétences, on devient de plus en plus abstrait dans nos explications et nos enseignements.

Le domaine de l'enseignement n'est pas seul concerné, puisque la malédiction du savoir s'abat également en matière d'économie, sur les vendeurs et autres commerciaux : plus ils connaissent leur produit, plus il leur est difficile de se mettre à la place de quelqu'un qui le voit pour la première fois, et donc, plus il leur est difficile de vanter les mérites du produit qu'il faudrait vanter, plutôt que des détails qui paraissent sans importance à un novice. Le revers des connaissances atteint également les politiciens, qui doivent expliquer pourquoi on doit voter pour eux, alors que la profondeur de leur réflexion en matière d'économie, de relations internationales, de gestion des ressources, etc... est sans commune mesure avec la politique telle que la conçoit le citoyen moyen : un sujet abordé par tout un chacun de manière généralement très superficielle.

Globalement, tout domaine d'expertise présente sous une forme ou une autre, la malédiction du savoir : de subtils freins à l'anticipation, à l'acuité d'un jugement sur autrui, au partage de connaissances, dont il est particulièrement difficile de se débarrasser, une fois expert dans le sujet concerné.

Sapience maudite

Le phénomène a reçu le nom de Curse of knowledge selon la suggestion de Robin Hogarth (1986), mais de nombreux économistes en avaient décrit les principes dès les années 1970, à la suite desquels les psychologues se sont emparés du sujet. L'existence même de ce biais est aisée à mettre en évidence, ce qu'a fait Elizabeth Newton, en 1990, lors d'une expérimentation à la fois simple et évocatrice : dans une première phase, l'expérimentateur présentait des musiques très connues (telles que "Merry Chrismas" ou "Happy Birthday", 25 musiques au total) à des sujets (premier groupe), qui devaient alors reproduire le rythme de celles-ci en tapant du doigt sur la table. Dans une seconde phase, d'autres sujets (second groupe), qui n'avaient pas assisté à la première phase d'écoute, écoutaient les premiers sujets reproduire le rythme musical, et devaient alors deviner de quelle musique celui-ci était tiré.

Seuls les sujets du premier groupe connaissaient donc les titres des musiques faisant partie de l'expérience. On leur demandait d'estimer le nombre de sujets du second groupe qui seraient susceptibles de reconnaître les rythmes et les musique dont ils s'inspirent. Le premier groupe estimait alors que 50% des rythmes pourraient être facilement reconnus. Pourtant, sur 120 essais, seuls 2,5% des musiques (soit 1/40 au lieu de 1/2 prévu par le premier groupe) furent reconnues.

Cette différence excessive provenait, selon l'auteure, de la malédiction du savoir : connaissant les titres des musiques, les membres du premier groupe ne pouvaient plus s'imaginer dans la situation des membres du second groupe, n'ayant aucune idée, ni des musiques, ni des titres. Ayant la musique dans la tête lorsqu'ils en reproduisaient le rythme, les membres du premier groupe avaient énormément de mal à appréhender la difficulté de deviner une musique à partir d'un rythme seulement, isolé, sans accompagnement, sans même une tonalité perceptible, donc sans mélodie.

De manière générale, avoir une connaissance en tête, c'est aussi avoir tous les liens conceptuels qui s'associent à cette connaissance (de la même façon qu'avec une musique en tête, on associe des informations de rythme, de mélodie, de séquence sonore...). Appréhender une connaissance liée dans notre esprit à d'autres savoirs, d'autres idées, la rend très accessible et compréhensible, phénomène plus ardu pour un esprit qui reçoit cette connaissance pour la première fois (comme c'est le cas dans l'enseignement) ou de manière isolée.

Faut-il être un peu stupide pour enseigner?

Vous êtes vous déjà demandé pourquoi de nombreux grands spécialistes semblent hermétiques, loin de nous, et pourquoi la digestion de leur savoir par les modestes auteurs de blogs que nous sommes semble plus accessible à tout lecteur? Beaucoup de spécialistes décident de publier sur Internet ou dans des revues vulgarisatrices, mais ne rencontrent pas forcément le succès qu'ils mériteraient : si le langage des pontes parait si lointain, c'est peut être parce que ceux-ci sont tout simplement trop connaisseurs dans leur domaine pour espérer l'expliquer simplement au profane, ou à l'intéressé non-expert.

De la même manière, vous êtes vous un jour trouvé stupide devant un technicien qui tentait de vous expliquer le fonctionnement de votre machine à laver, de la télécommande de votre télé, ou devant un opérateur téléphonique qui vous vante les mérites de son nouveau portable, dont vous ne percevez finalement qu'à moitié les intérêts? Vous souvenez-vous de votre première utilisation de Twitter ou de Facebook, voyant ces interfaces comme de curieux gadgets sans pour autant saisir tous les intérêts des réseaux sociaux?

Une expérimentation réalisée par Pamela Hinds montre combien il peut être difficile d'apprendre le fonctionnement d'un nouveau gadget, et tout aussi difficile de le présenter ou d'en expliquer les intérêts. Cette universitaire de Stanford demanda à des habitués du téléphone, combien de temps il faudrait à des novices pour apprendre à utiliser un portable comme le leur. Là encore, une nette distinction était observée entre les estimations des connaisseurs, celles des novices, et la réalité des apprentissages : apprendre à se servir d'un téléphone portable, pour un novice, prend deux fois plus de temps que ce qu'estiment les sujets "experts" du portable. Seuls les novices du téléphone semblent pouvoir estimer correctement le temps qu'il faut pour apprendre à se servir d'un portable.

Autrement dit, si vous voulez apprendre quelque chose de nouveau, contrairement à ce que l'on pense habituellement, il ne vous faut pas forcément le meilleur expert pour vous aider. En fait, des enseignants moins expérimentés, du fait qu'ils aient plus de facilités à se mettre à la place des non connaisseurs, peuvent sembler plus avantagés pour aider à développer les connaissances de base des novices.

http://psychologie.psyblogs.net/2012/04/biais-cognitifs-insolites-la.html

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Faut-il être un peu stupide pour enseigner?

Bien sur que non. Il faut juste aimer ceux à qui l'on enseigne et aimer enseigner. Je forme souvent des nouveaux et en quelques semaines à peine, ils sont capable de se débrouiller tout seul. Et j'adore ça, j'adore enseigner. Avoir la certitude que mon savoir ne sera pas perdu en le transmettant à la relève me procure un sentiment de fierté, pour eux comme pour moi même, mais aussi d'apaisement et de sécurité (bien être, sérénité, appelle ça comme tu voudra mais ça me rend confiant en l'avenir).

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J'ai quelques doutes. As-tu lu l'article complet ?

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De la même manière, vous êtes vous un jour trouvé stupide devant un technicien qui tentait de vous expliquer le fonctionnement de votre machine à laver, de la télécommande de votre télé, ou devant un opérateur téléphonique qui vous vante les mérites de son nouveau portable, dont vous ne percevez finalement qu'à moitié les intérêts? Vous souvenez-vous de votre première utilisation de Twitter ou de Facebook, voyant ces interfaces comme de curieux gadgets sans pour autant saisir tous les intérêts des réseaux sociaux?

Non.

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Me fait pas croire qu'avec ton 80 "neuro-technique" tu es le champion de la rapidité intellectuelle, man...

Twitter j'ai toujours pas compris et Facebook ça m'a pris un mois, sans parler de Myspace et de msn que je viens de redecouvrir en passant 30 min à chercher comment changer mon avatar.

Te fais pas plus malin que tu l'es.

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Qu'est-ce qui t'empêche de donner une explication sur ce complexe? Tu peux juste faire un copié collé venant de Wikipédia dans le pire des cas.

Parce-que là, à te lire on croit vraiment juste que tu te la pètes en namedroppant le nom d'une femme.

Développe un peu, ça pourrait être cool, non !?

Non.

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J'ai quelques doutes. As-tu lu l'article complet ?

Bien sur. Je répondais simplement à la question: "Faut-il être un peu stupide pour enseigner?"

Et, oui, j'ai connu des profs du genre:"Je donne mon cour comprend c'que tu peux et m'emmerde pas avec le reste". Tellement imbus d'eux même, se croyant tellement supérieurs...Et ce sont des enseignants médiocres sur tous les rapports. Principalement parsqu'ils nous méprise et méprise l'enseignement. Ils ne se forcent pas plus qu'il faut pour transmettre un savoir qui selon eux; nous ne méritons pas et que de toute façon nous ne sommes pas assez intelligent pour en assimiler l'essentiel du contenu. (ok, on m'a toujours considéré comme un surdoué, mais rien n'empêche que c'est une attitude de merde dans son ensemble)

Mais ils ne sont pas TOUS comme ça et c'est tant mieux.

Ce n'est pas par hasard que j'ai nommé Hubert Reeves .

Il serait capable d'expliquer les plus grands principes de l’astrophysique à des enfants du primaire. (notez que nous fonctionnons à l'inverse de la Françe ici, IE les enfants du primaire ont entre 5 et 11 ans ici)

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Je suis sûr qu'IRL tu fais des efforts pour t'intégrer en plus. Je comprends pas l'intérêt de ce gimmick jesuisungrosconnardquiselajoue

Tu ne comprends rien en fait mais ce n'est pas une catastrophe, le bercail ne t'en demande pas tant.

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Rien de plus frustrant d'expliquer à quelqu'un quelque chose avant un examen et que cette personne réussisse mieux que nous! Been there, je fais souvent ma tuterice. C'est normal, les mots, les formulations, bien que fondamentalement vraies, ne réussissent pas toujours à capter notre attention, à nous faire réfléchir de la bonne manière. On peut robotiquement expliquer des choses sans vraiment les comprendre, puis l'autre fera les liens et intégrera ça mieux qu'on a su le faire.

En commençant la lecture je pensais que le syndrome dont on parlait était plutôt d'éviter les conseils, les avertissement que les autres peuvent donner. Exemple: "Crois en mon expérience mon fils, cette fille, c'est un paquet de trouble en canne" Pis la de tes quinze ans tu répondss "Non, tu connais rien! C'est la femme de ma vie!" . BREF, je comprend pas le lien entre j'ai appris quelque à quelqun sans le comprendre et j'ai pas écouté les avertissements.

C'est peut-être dû au tldr, juste en diagonale.

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Le lien que j'ai utilisé dans mon post initial veut juste souligner qu'à l'image de Cassandre, maudite par Apollon, qui ne pouvait se faire "entendre", comprendre, ou prendre au sérieux des autres, il est toujours difficile de se faire comprendre avec des connaissances/méthodologies qui ne sont pas accessibles à la compréhension de tous, ou/et de ne pas savoir les exprimer correctement pour les faire comprendre correctement. Cela renvoie directement à l'éducation et les méthodes d'enseignement, où l'explication et les méthodes ne sont pas toujours adaptées à la compréhension de tous, à tous les niveaux. ( Bien sur, on doit oublier l'aspect malédiction du "personne ne la croit" du syndrome de Cassandre.)

C'est comme parler de la théorie de manière tellement précise que cela en devient incompréhensible, alors qu'il faudrait vulgariser pour être compris au meilleur de son interlocuteur et sans altérer la connaissance proprement dîte. En réalité, c'est un exercice toujours difficile (;

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(modifié)

uve le texte ci dessus très intéressant sur l'incapacité latente de l'être humain à relier l'immensité de sa compréhension des choses au langage.

Qui ne ressent pas la barrière du langage pour communiquer ses certitudes aux autres ?

Ha, si tu savais.

Dans un cours, un dude a fait un sondage auprès d'une centaine d'étudiants pour mieux connaitre leur expérience de la vie.

Il y avait une question : "vous sentez-vous incompris"?

90% des gens et plus ont répondu non.

J'étais abasourdie, sincèrement.

Moi aussi je suis restée prise sur les termes "avertissements" et "prophète de malheur". J'ai souvent l'impression d'être casseuse de party.

Au delà de la communication, je pense que la vie moderne permet de poser des barrières pour refuser des discours au nom de la pluralité, de la différence, du chacun pour soi. À travers mes projets d'études et mes engagements personnels, je suis de plus en plus amenée à être en contact avec la souffrance des personnes. Ça devient de plus en plus difficile de faire comme si rien n'était quand je sens que les gens se bullshitent eux-mêmes. J'me rends compte que bien souvent, les gens préfèrent rester dans leurs mécanismes.

Ça m'énerve, parce que si on avait fait que me complaire dans mes propres désordres, je ne serais clairement pas la personne que je suis aujourd'hui. Mes ami-e-s ont été durs, et je les aime comme ça. Pour moi, le respect, ça passe par là.

Modifié par mouchouânipi

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L'un des points le plus intéressant pour la connaissance, c'est ça:

Ça m'énerve, parce que si on avait fait que me complaire dans mes propres désordres, je ne serais clairement pas la personne que je suis aujourd'hui.

C'est ce qui se passe réellement lorsque tu affrontes un interlocuteur qui malmène sérieusement tes arguments, ou qui croit les malmener.

Sur le Depotoir on observe des tons radicaux ( le mien y compris, du moins surtout dans le "ton") et il s'agit alors de faire valoir les meilleurs arguments en fonction des meilleures sources ( problème d'internet: la diversité et la qualité relative de ces sources) et des meilleurs appuis de la science ou d'autre autorité. Le lecteur qui lira le débat voudra se déblayer de tout cela: à toi donc de valoriser tes arguments en fonction de tous les critères requis Seulement, l'explication des connaissances pour être concrète dans le débat fait appel au meilleur discours didactique qui soit, et c'est là que la limite se situe, au delà de la qualité du lecteur: le meilleur moyen de progresser dans une argumentation, c'est d'avoir des problématiques qui s'y opposent; même les évidences méritent d'être situées, et ceci, pour mieux approfondir. Sans oppositions et sans contraintes, aucune idée et aucune problématique ne peut être résolue, réfléchie ou même rejetée faute de données.

C'est peut-être là, la malédiction du savoir: s'opposer pour mieux régner.

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